‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 18 sur 251 · SO · texte numérisé non relu

SO

i ik las

me

'as

pourtant espaignollisé et affiné 1 par les bandes espaignolles, allant en un assaut, son capitaine le voyant pasle et tremblant, luy reprocha qu’il trembloit et qu’il avoit peur. Il luy respondit d’une belle asseurance : Tremen las carnes, parque coma humanas y sensibles el my bravo, validité, y delerrninado coraçon las (leva y las trae al postrero passa , dotule mas no ban de bolver. « Certes, mes chairs tremblent, d’autant que, comme humaines et sensitives, mon brave et vaillant courage et déterminé les porte, les traîne au dernier pas de la mort, dont jamais plus ne retourneront. » Ce soldat étoit bien dissemblable à plusieurs qui font bonne mine allans aux eombatz, mais dans l’âme ilz tremblent.

Un autre soldat en menassant un autre, luy dist : Si yo te torno, yo te echare tan alto, che mas presto sentiras la muerte que la cayda. « Si je vous prens, je vous jetteray si haut en l’air que vous sentirez plus tost la mort que la cheute. »

L’autre disoit bien mieux : Que de tanlos Moros que rnatava , les cortava las cabezzas, y pues las echava tan alto, que antes que bolviessen, vent an medio comidas de moscas. « Que de tant de Mores qu’il tuoit, il leur coupoit les testes et puis les jettoit si haut dans le ciel qu’avant que descendre elles étoient à demy mangées des mousches. »

Un autre louoit encore sa force d’autre façon : En tomarulo un hornbre , dandole un punta pie, lo embiare dos o très legas hacia arriba; y antes che bue l va, quiero que quede un anno. « En prenant un homme

Page 1