‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 19 sur 251 · Jffaié, perfectionné, achevé ; de l'espagnol afùiado · texte numérisé non relu

Jffaié, perfectionné, achevé ; de l'espagnol afùiado

RODOMONTADES

et luy donnant du pied tant seullement , je l’envoyerai deux ou trois lieux par delà l’eau, et avant qu’il tourne, je veux qu’il soit plus d’un an après à venir. » Pensez qu’il l’eust si bien endonny de sa boutade, qu’il luy eust falu autant de temps à s’éveiller et se remettre.

Ceste force n’est pas moins grande que l’autre qui dist après la battaille d’Eiépante : En la batalla d Elepantho, con don Juan eslando en su real, envesliinos cou la galera real del Turco; yo no meli gran fuerça en mi braço, jro tire con mi montante una pequena cuchillada , che fue tan hazia al fonda de la mar, que profondio F infierno, y cogi la punta de nariz a Pluton. « En la bataille d’Elépanthe avec don Joan, moy estant en sa réaile, nous envestîmes la réalle turquesque. Je ne mis pas pour cela grand force en mon bras autrement, mais avec un montant que je tira y d’une petite couchillade ', elle alla si advant dans le fond de la mer, qu’elle proffondit l’enfer où là j’accueilly et coupé la poinete de la naze ’ à Pluton. »

Taisons ces ridicules et fauces rodomontades, et parlons d’une vraye et de fait. Du temps de nos guerres de Lombardie, que les impérialistes avoient assiégé, soubz Prospero Columno, le chasteau de Milan, M. de l’Autreq vint de dehors pour donner secours ; et ce fut lors que ledit Prospero fit ce beau traict pour l’empescher, dont j’ay parlé ailleurs fai-

1 . Voici la traduction exacte de la phrase espagnole : a Je tirai avec mon espadon ( monumte ) une petite estocade ( cuchillada ).

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