Voyez plus naut, p. 322, note 4. — 3. La reine mère
ANNE DE BRETAGNE. 3Î7
compagnie d’auparavant; chose qui fut fort pitoyable à voir.
Après disner, la court de parlement envoia dire et commander à M. le grand aumosnier, M. Àmyot, de leur aller dire grâces après disner, comme au roy; lequel leur fit responce qu’il n’en feroil rien, et que ce n’estoit point devant eux qu’il les debvoit dire. Ils luy en firent faire deux commandements consécutifs et menasses; ce qu’il refusa encores, et s’alla cacher pour ne leur respondre plus : mais ils jurarent qu’ils ne partiroient de là qu’ils ne vinst; mais, ne s’estant peu trouver, ils furent contraincts de les dire eux-mesmes , et se lever avec des menaces grandes qu’ils firent, et injures qu’ils débagoularent contre ledict aulmosnier, jusques à l’appeller maraut et tilz de bouchier. J’en vis tout le progrez; et sçay bien tout ce que Monsieur me commanda d’aller parler à M. le cardinal pour appaiser le tout, d’autant qu’ils avoient faict commandement à Monsieur, comme eux représentans le roy, de leur envoyer le grand aumosnier qui ne se pouvoit trouver, et M. le cardinal leur en alla parler; mais il n’y gaigna rien, se tenans tousjours sur leur opinion et royale majesté et authorité. Je sçay ce que m’en dict M. le cardinal et me dict ce que je ne diray point : que c’estoient des vrais sots'. « M. le premier président de Thou 1 présidoit alors, (grand sénateur certes), mais il avoit de l’humeur. Voylà une autre esmeute qui fit dire encor à cette princesse et autres, de ce prince
\ . Ces huit derniers mots sont biffes sur le manuscrit.