‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 191 sur 251 · jccessiveté, grand prix · texte numérisé non relu

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ï. En 1334. à cinquante-quatre ans.

CATHERINE DE MÉDIC1S. 341

mer à Marseille en grand triumphe, et ses nopces pompeusement faietes, à l’aage de quatorze ans. Elle se fit tellement aimer du roy son beau-père, et du roy Henry son mary, que, demeurant dix ans sans produire lignée, il y eust forces personnes qui persuadarent au roy et à M. le Dauphin son mary de la répudier, car il estoit besoing d’avoir de la lignée en France : jamais ny l’un ny l’autre n’y voulurent consentir, tant ils l’aymoient : aussi dans les dix ans, selon le naturel des femmes de la race de Médicis qui sont tardives à concepvoir, ellecommança à produire le petit roy François deuxiesme : dont sur ce j’ay ouy faire un conte, que, lorsqu’il fut né, il y eut une dame de la court, qui estoit de bonne compagnie, et disoit bien le mot, qui vint présenter un placet à M. le Dauphin, par lequel elle le prioit de luy faire donner l’abbaye de Sainct- Victor qu’il avoit rendue vaccante. Dont il fut fort estonné de tel mot; mais, d’autant qu’on disoil à la court qu’il ne tenoit pas tant à Madame la Dauphine comme à Monsieur le Dauphin pourquoy ils n’avoient d'enfims, parce qu’on disoit que mondict sieur le Dauphin avoit son faict tort 1 , et qui n’estoit pas bien droict, et que pour ce la semence n’alloit pas bien droict dans la matrice, ce qui empeschoit fort de concepvoir; mais, après que cest enfant fut né, on dict qu’il ne tenoit plus à M. le Dauphin, et qu’il avoit faict dire qu’il n’avoit son v.. tort : et par ainsy ceste dame aiant expliqué son placet à M. le Dauphin, tout fut tourné en risée, et dict qu’il avoit rendu

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