‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 196 sur 251 · A la fin de décembre · texte numérisé non relu

A la fin de décembre

reyne l’eust faict à ces desseins. Et dirent et se résolurent nommément de ne veoir la reyne, ny traicter avec elle, que ladicte trefve ne fusl descriée 1 * 3 ; ce que trouvant son conseil, qu’elle avoit pour lors près d’elle (encor qu’il fust composé de bonnes testes, fort ridicule et peu honorable, voire quasi impossible de trouver moyen de la faire descrier, la reyne leur dit : « Yrayement, vous estes bien csbays « sur ce remède. N’y sçavez-vous autre chose? Il n’y « a qu’un point pour cela. Vous avez à Maillezays le « régiment de Neufvy et de Sorlu, huguenots. Faictes- « moy partir d’icy, de Nyort, le plus d’harquebusiers « que vous pourrez, et allez-les-moy tailler en piè- « ces; et voilà aussitost la trefve descriée et descou- « sue, sans autrement se pener*. » Ainsi comm’ elle le commanda aussitost exécuté; et les harquebuziers levez, et menez soubz la conduitte du capitaine L’Estelle, allarent si bien forcer leur fort et leurs barricades, que les voilà tous desfaictz, Sorlu tué, qui estoit un vaillant homme, et Neufvy pris, avec forces autres mortz, et pris tous leurs drappcaux aussi, et ainsi menez à Niort à la reyne’; laquelle usant en leur endroict de ses tours accoutumez de clémence, leur pardonna à tous et les renvoya avec leurs enseignes et drapeaux mesmes, ce que guières peu s’est veu pour lesdicts drapeaux, et chose rare; mais elle voulust faire ce traict par dessus la rareté, ce me dict-elle.

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