Descriée , nous dirions aujourd’hui dénoncée
î. Pener, peiner.
3. Voyez l ' Histoire universelle de d'Aubigné, année 1587, liv. I, ch. vu.
DES DAMES
* aux princes qui congneurent bien qu’ils avoient affaire avec une très-habile princesse, et que ce n’estoit à elle d’adresser une telle moquerie de lui faire descrier une trefve par la mesme trompette qui l’avoit criée : et lui pensant faire recevoir ceste honte, elle tumba sur eux-mesmes, leur aiant mandé par les prisonniers que ce n’estoit à eux de la désespérer en demandant choses desraisonnables et mal séantes, puisqu’il estoit en sa puissance de leur faire mal.
Et bien ! voilà comment ceste rcyne sccut donner et apprendre la leçon à ceux de son conseil. J’en dirais bien d’autres, mais j’ay à traicter d’autres points, dont le premier sera cettuy-cy, pour respondre à aucuns que j’ay veu dire souvent, qu’elle avoit esmeu les premières armes, ou estoit cause de nos guerres civilles. Qui en veut voir la source il ne le croira pas ; car le Triumvirat, et le roy de Navarre par dessus, aiant esté créé, elle, eu voyant les menées qui se préparaient, et le changement que faisoit ledict rov de Navarre de lui, qui, auparavant de longtemps huguenot si fort réformé, s’ estoit rendu catholique, et que par un tel changement ell’ eust peur du roy, du royaume et de sa persone qu’il ne leur mésadvinst, songea et s’esmaya 1 à quoy pouvoient tendre tant de menées, parlemens et collocutions * qui se faisoient en secret : et n’en pouvant au vray tirer le fonds du pot, comme on dit, elle s’advisa un jour, ainsi que tout le conseil secret se tenoit en la chambre du roy de Navarre, d’aller en la chambre d’en hault