I. S' esmajrer^ s’étonner. — 2. Collocutions , colloques
dessus la sienne; et pai’ le moien d'un sarbacaine qu’elle avoit faict couler subtilement tout le long de la tapisserie, sans estre apperceue ouyt tous leurs propos. Entre autres, elle en ouyt un qui lui fut trèsterrible et amer, car il y eust le maresehal de Sainct- André, l’un du Triumvirat, qui opina qu’il falloit jetter la royne avecq un sac dans l’eau, et que autrement ils ne pourroient jamais bien besongner en leur affaire : mais feu M. de Guise, qui estoit tout bon et généreux, dit qu’il ne falloit pas, et que c’estoit chose par trop injuste de faire mourir ainsi misérablement la femme et la mère de leurs roys, et s’y opposa du tout : de quoy ladite revne l’a aimé tousjours, et le monstra bien à ses enfans après sa mort, leur donnant tous ses eslatz 1 2 3 . Je vous laisse à penser qu’elle sentence ce fut pour ceste reyne, et, l’aiant ouye ainsi de ses oreilles, si ell’ eust occasion d’avoir peur, encor qu’elle s’asseurast de M. de Guise; mais, à ce que j’ay ouy dire à une de ses plus privées, elle craignoit qu’ilz fissent le coup sans le sceu dudicl M. de Guise, comme elle avoit raison; car, en un acte détestable tel, il se faut doubter d’un homme de bien tousjours, et jamais ne lui communiquer. Ce fut doncq à elle à adviser à sa salvation, et employer ceux qu’elle voyoit desjà aux armes et les prier d’avoir pitié de la mère et des enfans*. Voilà toute la cause qu’elle [elle] est de la guerre civille. Car elle ne voulut jamais aller à Orléans avecq les