Voyez de Thou, liv. XXIX
358 DES DAMES
autres, nv leur donner le roy et ses enfans, comme , elle pouvoit; mais elle fust très-aise que soubs le grabouil et rumeur d’armes, elle fust en sauveté, et le roy son lils et ses enfans, comme de raison. Toutesfois, elle pria et tira parolle d’eux que toutesfois et quantes qu’elle les sommerait de poser les armes bas, qu’ilz le feraient; ce que néantmoins ne voulurent faire quand il fust au joindre, quelques allées et venues qu’elle list vers eux, et la peine qu’elle prist et le grand chaud qu’elle endura vers Talsy', pour les persuader à entendre à la paix qu’elle avoit desjà faicle bonne et seure pour toute la France, s’ilz y eussent voulu entendre dès lors : et ce feu, et tant d'autres que nous avons veu allumez du reste des tizons premiers fussent estaints pour tout jamais en France, s’ils l’eussent voulu croire. Je sçay ce que je luy en vis dire la larme à l’œil, et de quel zèle elle y procéda.
Yoylà donc en quoy on ne la peut taxer du premier brandon de guerre civille, non plus que de la seconde qui fut à la journée de Meaux ; car alors elle ne songeoit qu’à la chasse, ny que donner plaisir au roy à sa belle maison de Monceaux. L’advertissement vint que M. le Prince et tous ceux de la relligion estoient en armes et en campagne, pour * surprendre le ray, soubs couleur de luy présenter une resqueste. Dieu sçait alors qui fut cause de ceste nouvelle esmeute : et, sans les six mille Suisses qui i , ^voient esté nouvellement levez, on ne sçait ce que s’en fust esté. Sur la levée desquelz ils prindrent au- •