‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 200 sur 251 · Talcy (Loir-et-Cher); à la lin de juin · texte numérisé non relu

Talcy (Loir-et-Cher); à la lin de juin

ornement le prétexte de l’eslévation de leurs armes', disans et publians qu’on les avoit faict lever et venir pour leur faire la guerre; et ce furent eux pourtant les premiers (je le sçay pour estre alors à là court), qui en sollicitarent le rov et la reyne, sur le passage du duc d’Albe et de son armée, craignans que, soubs couleur de trajetter* en Flandres, elle ne vinst fondre sur la frontière de France, et disans que c’estoit la coustume d’armer tousjours les frontières lorsqu’on voyoit son voisin s’armer. On ne peut ignorer quelle instance pour cela on fit au roy et à la reyne et par lettres et par ambassades; et mesmes M. le Prince et M. l’admirai vindrent trouver le roy à Sainct-Germain-en-Laye pour cet effect, comme je les vis. Je voudrais bien sçavoir aussi (car tout ce que j’escris en cecy je l’ay veu), qui fit prendre les armes au mardy gras’, et qui suborna et sollicita Monsieur, frère du roy, et le roy de Navarre, d’entendre aux entreprises pour lesquelles La Molle et Coconas furent deffaicts à Paris? Ce n’estoit pas la reyne; car par sa prudence elle empescha qu’elles ne prindrent feu, tenant Monsieur et le roy de Navarre si serrez dans le bois de Yincennes qu’ils ne peurent sortir; et après la mort du roy Charles, les ressarra si bien dans Paris et le Louvre, et grilla si bien pour un matin leurs fenestres, au moins celle du roy de Navarre qui estoit logé le plus bas (je sçay ce que m’en dict le roy de Navarre, la larme à l’œil), et les surveilloiton si bien qu’ils ne peurent jamais esehapper, comme

Page 1