‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 223 sur 251 · Voyez Énéide, lib. IV, vers · texte numérisé non relu

Voyez Énéide, lib. IV, vers

DES DAMES

Aussi comme j’ay dict cy-devant, cestereyne faicte de la main de ce grand roy François, qui avoil introduict ceste belle et superbe boubance n’a voulu rien oublier ny laisser de ce qu’elle avoit apris, mais l’a voulu tousjours imiter, voire surpasser, et luy ay veu dire trois ou quatre fois en ma vie sur ce subject. Ceux qui ont veu toutes ces choses comme mov " en sentent encor l’âme ravie comme moy; car ce que je dis est vray, car je l’ay veu. Voylà donc la court de nostre reyne. Que malheureux fust le jour que telle reyne mourut 1

J’ay ouy conter que nostre roy d’aujourd’buy ', quelques dix-huict mois après qu’il se vist un peu avant dans la fortune et espérance d’estre un peu roy assez universel, se mist un jour à discourir avec feu M. le mareschal de Iîiron des desseings et projecls qu’il faisoit pour ung jour faire sa court planteureuse, belle, et du tout ressemblable à celle que nostre dicte reyne entretenoit; car alors elle estoit « en son plus grand lustre et splandeur qu’elle fust jamais. M. le mareschal luy respondit : « Il n’est pas « en vostre puissance, ny de roy qui viendra jamais,

« si ce n’est que vous fissiez tant avec Dieu qu’il « vous fist ressusciter la reyne mère, pour la vous « ramener telle. « Mais ce n’estoit pas cela que le roy demandoit, car il n’avoit rien, lorsqu’elle motfrut, qu’il hayssoit tant qu’elle, et sans subject pourtant, comme j’ay peu veoir : mais il le doibt sçavoir mieux que moy.

Que malheureux fust encor le jour que telle reyne

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