Recoy, repos
2. Ces vers, avec une cinquantaine d’autres écrits par elle sur un livre d’heures et publiés par le prince de Labanoff (t. VII, p. 346 et suiv.), sont, je crois, les seuls authentiques que l’on ait de Marie Stuart. Quant à la pièce si connue : Adieu, plaisant pays de France, elle est d’un littérateur du dernier siècle, Meus-
LA REYNE D'ESCOSSE
Voylà les regrets qu’alloit jettant et chantant piteusement ceste triste reyne, qui les manifestoit eneores plus par son pasle tainct ; car, dès-lors qu’elle fust vefve, je ne l’ay veuc jamais changer en un plus colloré, tant que j’ay eu cet honneur de la voir, et en France et en Escosse, où il luy fallut aller à son trèsgrand regret, au bout de dix-huict mois de sa viduité, pour pacifier son royaume, fort divisé pour sa religion. Hélas ! elle n’y avoit aucune envie ny volonté. Je luy ay veu dire souvent, et appréhender comme la mort ce voyage; et désiroit cent fois plus de demeurer en France simple douayrière, et se contanter de son Tourayne et Poictou pour son douaire donné à elle, que d’aller régner là en ses pays sauvages; mais messieurs ses oncles 1 , au moins aucuns et non pas tous, lui conseillarent, voir l’en pressurent (je n’en diray point les occasions), qui pourtant s’en repentirent bien plus après de la faute.
Sur quoy ne faut doubter nullement si, lors de son partement, le feu roy Charles, son beau-frère, fust esté en aage accomply comme il estoit fort petit et jeune, et aussi s’il fust esté en l’humeur et amour d’elle comme je l’ay veu, jamais il ne l’eust laissée partir, et résolument il l’eust espousée; car je l’en ay veu tellement amoureux , que jamais il ne regardoil son pourtraict qu’il n’y tînt l’œil tellement fixé et ravy, qu’il ne s’en pouvoit jamais oster ny s’en ressasier, et dire souvent que c’estoit la plus belle
nier de Querlon (mort en 1780), comme M. Rathery l’a démontré le premier dans un article de Y Encyclopédie des gens du monde.