‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 229 sur 251 · Les Cuises · texte numérisé non relu

Les Cuises

DES DAMES

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princesse qui nasquit jamais au monde : et tenoit le feu roy son frère par trop heureux d’avoir jouy d’une si belle princesse, et qu’il ne debvoit nullement regretter sa mort dans le lumbeau, puisqu’il avoit possédé en ce monde ceste beauté et son plaisir, pour si peu d’espace de temps qu’il l’eust possédée; et que telle jouissance valloit plus que celle de son royaume. De sorte que, si elle fust demeurée en France, il l’eût espousée : il y estoit résolu, encores que ce fust esté sa belle-sœur; mais le pape d’alors ne luy en eût jamais refusé la dispense, veu qu’il I’avoit bien concédée à un siensubject, qui estoit feu M. de Loué *, pour espouser la sienne, et aussi que despuis, en Espaigne, on a veu le marquis d’Aguilar en avoir eu de mesmes, et forces autres en ce payslà, qui n’en font trop de difficulté, pour entretenir leur maisons, et ne les gaster et dissiper, comme nous faisons en France.

Tous ces discours ay-je veu faire pour ce subject à luy et à plusieurs, lesquels j’obmettray pour ne varier en notredict subject de nostre reyne, laquelle enfin estant persuadée, comme j’ay dict, d’aller en son royaume, et son voyage aiant esté remis à la prime*, fit tant, que, le remettant de mois en mois, elle ne partit que vers la fin du mois d’aoust. Et faut noter que ceste prime, en laquelle elle pensoit partir, vint si tardive, si fascheuse, si froide,

1 . Gilles de Laval, seigneur de Loué, avait éjiousé en premières noces Renée de Rohan, veuve de son frère René de Laval,

. % seigneur de Loue.

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