Fotheringay
426 DES DAMES
s’estonner aucunement, les remercia de leur bonnes nouvelles, disant qu’elles ne pouvoient estre meilleures pour elles, pour voir maintenant la fin de ses misères, et que dès longtemps elle s’estoit apprestée et résolue à mourir, despuis sa détention en Angleterre, suppliant pourtant les commissaires de lui donner un peu de temps et de loisir pour faire son testament et donner ordre à ses affaires, puisque cela gissoit ' à leur volonté, comme leur commission portoit. A quoy le conte de Cherusbery ’ luy dit assez rudement : « Non, non, madame; il faut mourir. « Tenez-vous preste demain entre sept et huict heu- « res du matin, On ne vous prolongera pas le délay « d’un moment »*.] Il y en eut un plus courtois, ce luy sembloit, qui luy voulut user de quelques remonstrances pour estimer de luy donner quelque constance davantage à supporter cette mort. Elle luy respondit qu’elle n’avoit point besoin de consolation, pour le moins venant de luy ; mais que s’il vouloit faire ce bon office à sa conscience de luy faire venir son aumosnier * pour la confesser, que ce lui serait une obligation qui surpasserait toute autre; car, pour son corps, elle ne croioit pas qu'ils fussent si inhumains qu’ils ne luy donnassent droict de sépulture. Lors il luy répliqua qu’il ne s’v falloit point attendre; de façon qu’elle fust cou traîne te d’escrire sa confession, qui fut telle :
[« J’ay estée combattue aujourd’huy de ma relligion, et « de recevoir la consolation des hérétiques. Vous enten-
t . Gissoit, gisoit. — 2. Shrewsbury.