Drake
taines qui ayt battu la mer Océane deux cens ans y a, voyre et possible jarnays, et moitié par les tourmentes et vagues de la mer, par trop irritées , possible, des menaces qu’on leur avoit fait, lesquelles de soy sont fort orgueilleuses et ne veullent estre bravées en nulle façon. Kodomonlen sceut bien que dire. Lorsqu’il voulut passer d’Afrique en Europe, il se mist à maugréer Dieu par ces motz : Se gli è alcun Dio nel cielo, ch' io nol so. Ccrto, huomo non è qui r habia vislo. Ma la vil gente lo crede per puura. El mio buono brando, e la mia armalura, e l'animo ch'io ho sono il mio Dio '. « S’il y a aucun Dieu au ciel, que je ne sçay au vray, car il n’y a homme qui l’ait veu, mais la paouvre gent le croit par peur. Ma bonne espée et mes armes et mon cœur sont mon Dieu. » Force autres vilains et exécrables motz dist-il, qui sont escritz dans Rolland l' Amoureux, qu’il vaut mieux taire que dire, tant ilz sont vilains; et puis, parlant aux vens : Soffia el vento, se sai soffiare * ; et les brave et mesprise, et monte sur mer, contre l’advis de tous les pillottes et mariniers. Et, ce qui est le bon, y estant, ne s’estonne et ne laisse à con-
t . Voici le texte exact de Boiardo :
Se egli è alcun Dio nel ciel, ch’ io nol so certo,
La stassi ad alto e di quà giù non cura.
Huomo non è clic l'hahbia visto esperto;
Ma la vil gente crcde cbe per paura.
Io di mia fede vi’ rngiono aperto,
Che solo il mio buon brando e l’armatura,
E la mazza, ch’io porto, e’1 destrer mio E l’animo ch’io ho sono il mio Dio.
( Orlando innamorato , liv. II, c. m, st. 22.)