A Ibis, l'Elbe
RODOMONTADES
mode (ainsi qu’il/, les apelloient lors tudesquillos , autres bouraquillos ) et fort garny de passement d'or et d’argent, et à chascun cent ducatz et grands advantages parmy leurs eompaignées, de sorte qu’estans ainsi signaliez de faitz et d’habitz, se pourmenant par le camp se faisoient admirer de tout le monde qui disoit : « Voylà les braves et déterminez qui ont gaigné les barques. »
Je vous jure qu’on avoit raison de les admirer, et de les apeler telz ; car leur acte estoit brave : et telle rodomontade valloit plus que cent de parolles.
C’est assez sérieusement parlé : retournons encores un peu à la bouffonnerie touchant ces rodomontades.
Un certain Espaignol, louant un’ espée qu’il avoit à un sien compaignon, disoit : De cinquo que tengo, essa es en la quien y o tengo mas con fiança, y la que nunca me fallo de la mano. Essa es la que tan famada esta en toda la tierra; y es la que tan tas vezes me pido emprestada don Pedro Recuero ; y esta mis ma es que treyenta aîios a esta parte no se ha hecho campo en toda F A ndelozia, donde ella no se haya hallado ; parque de Cordova, de Caliz, de Malega, de Cartagena, y de otras muchas y diversas partes , donde succeden algunos desafios entre los amigos, luego me embian por ella. Y con esta fue con la que mataron el sacristan de San-Lucar : y con esta corlaron los mus los a Navarico, el soldado del ducque; y con esta Ravanal hizo grandes cosas en Toledo, al tiempo que don Galtero mato al Viscayno en el Alcaçar , y non fue olra cosa de su salvo, sino tener esta espada : y esta es misma, por quien, ha un aho que tienen ya por costumbre en los desajfios sacar por condicion que
ESPAIGNOLLES.
nungmo llece la espada mia; de mancra qu'es tan famadn jxir todas las tierras y cornpagnias , corne la espada encanlada de Roldan, y del rey Artus. Que si yo quiziesse contar las vir ludes (testa espada, nunca acabaria. « De cinq espées que j’ay, ceste-cy est la meilleure, et celle en laquelle je me fie le plus, et celle qui ne me faut jamais de la main, et celle qui est tant renommée par ceste terre, et celle-là que si souvant don Pedro Recuero 1 m’a demandé à emprumpter, et celle-là mesmes que trente ans y a qu’il n’a esté fait combat, ny deffît en toute l’Andelouzie qu’elle ne s’y soit trouvée; car de Cordonna, de Calix, de Malega, de Cartagène et d’autres partz diverses fois ès lieux où se doivent faire des combatz et désaffitz, soudain l’on la m’envoyoit quérir, car c’est ceste-cy avec laquelle on tua le sacristant* de Sainet- Luce, avec laquelle on coupa les deux jarretz à Navarico, soldat du duc, avec laquelle Ravanal fit de si grands choses en Tollède, du temps que don Galtero tua le biscaïn en Alcaçar, et rien ne fut cause de sa salvation , sinon qu’il avoit ceste espée en la main; mais depuis un an elle a esté deffendue, de sorte que quand l’on vient en un’estaquade, il faut mettre en condition qu’on n’y portera point mon espée ; de manière qu’ell’est si renommée qu’on l’estime plus que l’espée de Rolland ou du roy Artuz. Que si je voulois conter les vertuz de ceste espée, jamais je n’aurois fait. »
Ceste espée me fait ressouvenir d’un de nos vieux capitaines de Piedmont, que j’ay cogneu, qui pour-