Recuero , muletier. — 2. Sacrifiant, sacristain
RODOMONTADES
tant ne faisoit pas plus grands miracles de son espée qu’un autre, et disoit : « Quiconque aura affaire « à moy, il faut qu’il aye affaire à Martine que me « voylà au costé (appellant son espée Martine) : et « quiconque me la besongnera (usant de l’autre mot « sallaud qui commance par f), qu’il die hardiement « qu’il aura bcsongné la meilleure espée de France. »
Voylà une plaisante louange d’espee de cetEspaignol 1 ! Mais le gallant s’oublie en cela; car il ne conte point les vaillantises qu’il a faites avecques ceste espée, sinon celle des autres; mais il pourra dire que si les autres faisoient si bien avecques ceste espée emprumptée, que infalliblement , estant sienne et entre ses mains, elle faisoit rage. Toutesfois, il v en a aucuns et plusieurs aux espées desquelz ne faut attribuer leurs beaux faietz et vaillantises, mais à leurs bonnes mains et braves courages. Cestuy-cy, que je vays nommer, se loue bien mieux.
Il y avoit donc un Espaignol qui disoit : No sabeys que me acontescio en Cordova , porque no hay causa mas publica en Andelozia , d’aquel Francisco Cordonero, cl quai hy:o muestra de hazer mano contra mi ? No se huvo acabado de desembolver de su capa, quando yo lo ténia con su njismo pugnal corlada la mano derecha , y clavada en citna dcl bodegon de Gayetaneto. Pero, ny por esso p>erdi la tierra, ny dexe de passearme por las ca/lesy rincones , sin lemer la justicia; porque el/a y la caresma no son sino para lus ruines, vellacos, y desdichados y de mas , siempre andava yo bien armado, siempre la espada en la mano, y
t. L’Espagnol dont il est question à l'autre page.
ESPAIGAOLLES.
con la media vayna, y tambien nunca dexava un ù roque! de los Seeillanos de la cinta; con ta barba larga, y cabellos trasquillados ; y quaiuio era me nés ter de salir acompagnado , no me faltavan amigos , que , a medio repiquele de campana, se juntaean trecienlos compagneros, y todos en verdad hombres de bien y de mano. « N’avez-vous jamais sceu ce que m’arriva une fois à Cordova, car il n’y a chose si publique en toute l’Andelouzie de ce Francisque Cordonero', lequel fit monstre de venir aux mains aveeques moy? Il ne se fut pas sitost désemvelopé de sa cape, qu’il me trouva sur luy, et que de sa propre dague que je luy oste, je luy en coupe la main droicte et la cloue aussitost au-dessus de la porte du cabaret de Gayelanet, et si ne laisse pour cela la terre, ny à me pourmener par les rues et cantons sans avoir peur de la justice; car la justice et le caresme (comme l’on dit; sont faitz pour les meschans et malheureux. De plus j’allois toujours fort bien armé, l’espée en la main avec la moitié du fourreau, et le boucler* des meilleurs qui s’en trouve en Séville, tousjours pendu à la ceinture, la barbe longue et les cheveux courtz; et quand j’avois besoing d’aller accompaigné, je n’avois point faute d’amis, car en un demy son de repiquet’ de cloche, j’avois toujours trois cens compagnons qui se venoient joindre à moy, tous gens de bien et de main. »
Un gentilhomme espaignol, qui estoit fort gros et
t . Cordonero signifie cordier.