‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 37 sur 251 · Qu'ils ne suffiraient pas pour six repas · texte numérisé non relu

Qu'ils ne suffiraient pas pour six repas

RODOMONTADES

rendroit : et Dieu sçait, le maraut, s’il eust tenu la parolle, et nous autres plus à de loysvr 1 que de luy donner ledit iaquavs, non pas pour cent fois autant. Asseurez-vous pourtant que nous menasmes bien le conte.

Il est pareil à un que m'a conté un gentilhomme, lequel, se pourmenant une fois dans Rome, à l’estrade* de /mpit/o *, toute nuict noire, avec un autre gentilhomme, voicv venir un Espaignol assez bien en poinct, qui les vint accoster par telles parolles: Segnores, la noche m'a lui facorecido de topar a vosotros gentiles Franceses , para suplicarlos d haver Instima de mi, pobre y misero; /xtrque , de dia, por todo el thesoro del mundo, no r/ueria muestrar a la gente mi miseria ; y por esso suplico à Vuessas Mercedes que me alarguen sus liberales y largas manos franceses. « Messieurs, la nuict m’a tellement favorisé de vous rencontrer vous autres gentilz François pour vous prier d’avoir pitié de mov paouvre et misérable, d’autant que [de jour] pour tout le trésor du monde, je ne voudrois monstrer ma misère; et pour ce, je vous suplie que vos mains françoises tant larges et libéralles s’estendent sur moy. »

Voylà de mes mandians secretz et honteux ; et, au partir de là, qui les verra au jour en public, ilz fairont des braves , ne faut point dire comment , et si ne craindront de dire : Pesé a ta/ que somos hydalgos com'el rey, dineros menas. « Nous sommes gen-

1. Je crois que le sens est : Dieu sait.... si nous autres nous aurions été bien avisés de lui donner ledit laquais.

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