Estrade, rue, de l’italien slrada. — 3. Del popolo
ESPAIGNOLLES.
tilzhommes comme le rov ; il est vray que nous n’avons pas tant d’argent. »
Telz mandians ne sont point pareilz à sept ou huict que je vis une fols à Séville, lesquelz, venans des Indes, et ayant fait un fracas de leur navire et s’en estant sauvez au mieux qu’ilz avoient peu, ne craignoient, se pourmenant par la ville, à faire entendre au peuple leurs honnorables nécessitez par ces parolles : Ea ! segnores, tengan Vuessas Mercedes lastima d'estos poires soldados y marineros, desbaratados y faligados de la mary delthambre , venir ado de lierras desiertas, comiendo culebras y lezardos', hasta las suelas de çapalos cocidas : en commendamos nos la buena gente que les hagan la caridad al nombre de Dios. a Hé ! messieurs, ayez pitié de ces paouvres soldatz et mariniers ruinez et fatiguez de la mer et de la fain, venant des terres désertes, mangeant les coulleuvres et lézards, jusques aux semelles de nos soulliers cuites, nous recommandons à la bonne gent que nous fassent aucune charité au nom sainct de Dieu. » Un soldat espaignol se plaignant de sa paouvretté, disoit que son père avoit eu de grands moyens en son temps ; mas que los havia gastado en fiestas , lorneos , recocijos , juegos , bayles y triunfos. « Mais qu’il les avoit tous gastez en festes, tournois, esbatemens et dances et triumphes. »
J’ay ouy dire à un vieux soldat espaignol que le
1 . Ayant fait un fracas de leur navire , c'est-à-dire ayant fait naufrage. Ces deux locutions , étymologiquement parlant , sont identiques : fracaso, en espagnol, signifie chute suivie de rupture.