Reignié, renégat
ESPAIGNOLLES.
« deffendre de vous autres 1 . » Haï quel renégat et eunuque tout ensemble !
Il avoit bien raison de parler si bien et de faire encore mieux : ce qui doit bien servir d’exemple et d’advis à force capitaines qui ont gardé des places, de peur qu’ilz ne se laissent aller aux douces sommations, blandisses* et belles parollesque leur disent et envoyent ceux de dehors pour les attirer à se rendre à eux : et faut qu’ilz bouschent leurs oreilles, comme on fait au chant des seraynes 5 ; car, s’ilz se laissent glisser le moins du monde dans le conseil de leur ennemy, les voylà perduz et déshonnorez pour tout jamais : ainsi que je sçay d’un gentilhomme de par le monde, lequel, estant dans un chasteau de Guienne 1 , le plus fort qu’il y ait esté il y a trois cens ans, luy tenant le party de ceux de la relligion, après la bataille de Montcontour, fut envoyé sommer et prescher par un gentilhomme sien parent , qui luy donna tant du bec et de l’esle , que, misérablement, et à sa grand’honte et confusion, il rendit la place par ceste seulle sommation et conseil ; place si forte, que, cinq ans après, estant au mesme estât, fut assallie d’un grand prince, lieutenant de roy, qu’il ne
t. Voyez P. Jovc, liv. XL.