Voyez le Discours sur les duels, t. lit, p
RODOMONTADES
baston. Car, en lieu de combattre valleureusement à outrance, la partie de Julien, encor que la fortune luy fust au coimnancement assez bonne, et meilleure que de Juillien , commança à crier par trois fois : i\o le quiero, segnor Jufliano; et de là vint le proverbe qui a longtemps couru à la court et en France : No te quiero, segnor JuUiano, « je ne vous cherche point, seigneur Jullian, » qui se disoit quand quelqu’un fuyoit la luitte. Toutesfois il y alla un petit plus de l’honneur' dudit Jullian que de l’autre, et en a fait despuis toute sa vie grand triumphe, qui luy a aydé, avec d’autres belles advantures qu’il a couru pour son empereur et son roy, aux guerres, pour le service desquelz enfin est mort honnorablement en ses guerres de Flandres.
Avant que finir je diray ce mot : que tous gallans hommes, cavalliers et capitaines, me semblent qu’ilz doibvent fort peser ceste responce susdicte de M. le connestable ; car il n’y a mot qui ne porte sa sentence et advis très nécessaire pour eux, et mesmes pour la bravetté qu’il usa à son brave. Sur quoy je fairay ce pettit conte que, lorsque nous allasmes à Malte, partant de Messine avec nos frégattes, nous vinsmes coucher à une peltite ville entre Messine et Sarragosse* qui se nomme Cataigne*, là où l’on dit que le premier fondement et parlement des vespres scicilianes fut fait et jette. Àrrivans là, ceux de la ville tinrent leurs portes serrées, et firent difficulté
1. Le manuscrit 3273 (f“ 149) porte entre parenthèses ces mots : Je dis du bon , qui ont été biffés.