Syracuse. — 3. Catane
ESPA1GN0LLES.
sr.
de nous laisser entrer. Il y eut parmy nous un capitaine provançal qui, se voulant faire de feste, parcequ’il jargonnoit un peu et assez mal l’espaignol, qui alla se présenter à la porte et y demander entrée, plus par bravetté que par courtoisie. Sur quoy il y eut un soldat espaignol peu endurant, qui, s’advançant, poussa assez discourtoisement ledit capitaine, pour s’osler de devant lu porte; ledit capitaine luy dist : Soldado, que quereys hazer' ? L’autre bravasche luy respond : Te tratar de bravo, porque hazes del bravo. Vaya se : appartese de aqui y accucrdase de las visperas sici/ianas. « Je vous veux, traiter en brave, puisque vous faites du brave; allez-vous-en et ostez-vous d’icy, et vous vous souvenez des vespres scicilianes. » II* y eut un honneste gentilhomme françois qui parloit fort bien espaignol, que je ne nommeray point pour sa gloire*, qui se mit à parler le friand espaignol. Aussitost qu’il l’eut ouy, il quitta tout, et vint à luy, et luy dit d’une grande joie : Voto a Dios que tal hablur nie place 1 2 , et dit à l’autre : Aparlaos de aqui, barragoyno : no quiero hablar con vos; yo hablo con este cuvai Zéro rnuy gentil hablador *; et, venant à luy, l’embrassa à la mode soldatesque; et causèrent fort ensemble de nostre voyage en passégeant*, et puis allèrent souper cn-