Soldat, que voulez-vous faire
2. Ce qui suit jusqu’à la lin de l’alinéa manque dans le manuscrit.
il. C’était Brantôme. — 4. Ah Dieu! qu’un tel parler me plaît!
S. Retirez-vous d’ici, baragouineur; je ne veux |>oint vous parler. Je parle à ce cavalier si gentil parleur. (Le mot btirrugo) no
été forgé par Brantôme.)
G. En passégeant, en se promenant; de l’italien passeggiare.
RODOMONTADES
semble, que le gentil eavallier francois luy donna ; et l’autre l’accepta galantement : car ilz ayment ces gens-là à faire aussi bonne chère que nous, mais que ce ne soit à leurs despens; car autrement ilz se laissent mourir de faim. Ce fut à mon homme à se retirer, car il y eust eu de la rumeur. Toutesfois cela se passa. Comme il y a toujours et d’uns et d’autres, et les uns courtois et les autres arrogans, on nous laissa entrer courtoisement, et vivre et coucher pour nostre argent.
Si faut-il que je fasse à ce propos un plaisant conte, qui m’arriva une fois à Paris, au commancement des premières guerres. Ainsi que le camp s’estoit achemine à Estampes pour se dresser, moy ayant envoyé tout mon train devant, et demeuré à Paris pour quelques affaires qui me restoient, ou possible pour l’amour, je dirois mieux, je prins la poste pour aller joindre l’armée audict Estampes. Je n’avois qu’un homme des miens, moy avec mon postillon. Estant entre les deux portes de Sainct-Jacqucs, voyey venir la garde, qui estoit grosse et grande, et qui se faisoit fort estroictement en ce temps, et entre autres un grand homme, marchant du quartier de Saint-Jacques, qui portoit une grand’ hallebarde' et une ouvrasse, qui arreste fort rudement mon postillon, et prend la bride de son cheval. Je m’advance, et crie : « Mort-Dieu ! l’homme à la grand’barbe, que vou- « lez-vous faire? » Il vint à moy aussitost, et me présantanl la poincle de l’hallebarde, il me dist : « Mortel Dieu! l’homme sans barbe, je veux vous arrester. Où
t . Les anciennes éditions ajoutent : avec une grande barbe.
ESPA1GN0LLES.
« est vostre passeport? Ne sçavous pas l’ordonnance « qui a été faite, de ne sortir sans passeport du pré- « vost des marchans? » Tcftit à coup je me vis entourné de cent poinctes d’espées, de picques et d’hallebardes. Ce fut donc à moy à monstrer mon passeport (car je l’avois), et luv dire qu’il le devoit demander plus honnestement et doucement, et que je n’estois bastant pour faire teste à un corps-degarde si remply. Toulesfois après belles excuses, nous fusmes amis comme devant; et, estant arrivé, j’en fis le conte à feu M. de Guyse, qui le trouva bon, tant de la demande que de la responce, et en rit bien, ensemble plusieurs de l’armée ausquelz j’en fis mesmes part; car, comme me dist M. de Guyse : « Un brave a bravé un brave; et quictes de là tous deux. »
Quand le duc d’Albe passa en Flandres contre les guerres civilles des Gueux 1 , il ne se voulut servir d’autre infanterie que de l’espaignolle , et n’y en mena d’autre. Mais qu’ell’estoit-eile? L’une des plus belles qui jamais fut mise en campaigne; car il en fit choix parmy tous les terzes de Lombardie, Naples, de Scicille’, de Sardaigne; si bien que de ce beau choix il en fit un corps très beau et bien fourny, jusques à neuf ou dix mille, n’y ayant rien à dire, soit en belles armes, soit en parades d’abilhemens, soit en bonté et vertu d’hommes, soit en leur entretien de vivres et de payes, jusques à leurs courtizanes, qui en parures parreissoient princesses. Bref rien n’r
L En 1367.