‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 60 sur 251 · Mesruxge, épargne · texte numérisé non relu

Mesruxge, épargne

3. Plutarque, Fie de Pélopidas, ch. tvm. — 11 s’agit d’Alexandre, tyran de Phèrcs.

4. djfrnni. c’est-à-dire d’obstacles, de dangers à affronter.

HO

RODOMONTADES

corps des petit/ s’enserre un grand et fort courage, parce que la nature a mis cela qui se faut au corps en la vertu de l’esprit et de l’âme. »

Un autre disoit pourquoy il bravoit tant, estant si petit, et n’avoit tant de quoy à braver. Il respondit : Hombrc chiquilo, si no brava, no vale nada. « Un homme petit, s’il ne brave, il ne vaut rien. » Comme de vray j’en ay veu un’ infinité de petit/ hommes, n’ayans pas bien de quoy à payer leur homme : autrement, vous les voyez estandre sur la poincte des piedz, ayans leurs gentes 1 mules, ou, pour mieux dire, leurs eschasses de liège, ainsi que j’en ay veu plusieurs se hausser le plus qu’ilz peuvent, et se gehenner en leurs postures, afTin qu’ilz puissent mieux braver et faire la piaffe. Enfin ce sont des mirmidons targués 1 pour faire la guerre aux grues; ou voudroient fort estre toujours montez sur des cluchiers 1 pour parier de plus haut. Voylà comment les petites gens ne se cohtentent point de leurs pettitesses, mais souhaitent toujours estre grands. Si est-ce que ce n’est pas le meilheur que d’estre si grand extra vagamment; car j’ay veu force de ces grands n’estre pas plus habiles que les petitz, voire très badautz et fadatz ‘ de nature et d’art, nv plus vaillans non plus, mais très poltrons ; et outre, l'on les vise mieux à la guerre, et, qui plus est, sont fort subgetz à avoir les jarretz coupez, qui y veut tirer : ainsi qu’il

t. Gentes , gentilles.

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