Voyez plus haut, p
RODOMOXTADES
avant qu’il pensoit donner la bataille au prince d’Orange ', près la rivière de Meuse, qui avoit amené une si grand’ armée contre luy pour le combattre; mais le tout s'en alla en fumée, par la providence et sage conduicte de ce grand capitaine, qui le fit retirer avecques sa grand’ honte en Allemaigne; de quoy j’en parle ailleurs. Ce grand duc donc va rementevoir à ses Espaignolz de bout à autre tous les beaux exploietz qu’ilz ont faictz depuis cent ans, et met tout en ligne de compte et de gloire, aussy battus et vaincus que vainqueurs. Et cela m’a conté un soldat françois espaignolisé qui estoit lors parmy les bandes espaignolles, qui entendoit le tout. Ce grand duc donc premièrement parle des grandes guerres qu’ilz ont faictes au royaume de Naples, soubs le grand capitaine Gonzalvo, Raymond de Cardone, de la bataille de Ra vanne, bien qu’elle leur fust désastreuse; parle de ceste grand’ conqueste des Indes, qu’il leur met devant les yeux, faicte par Hernando Cortès et Francisco Pizzare, qu’il nomme tous les deux par ces mots : la honra de la mi/icia espanota *; raconte le beau combat qu’ilz ont rendu en Italie soubz ce vaillant marquis de Pescaire et Anthoyne de Lève, et M. de Bourbon en la prise de Rome; les sièges de Naples et de Florence soubz Filibert le prince d’Orange; le lèvement du siège de Vienne, et la chasse et fuite du sultan Solyman; la conqueste de la Gollette, de Thunis et de Clèves; les voyages de la Provence, d’Alger et de Landrecy, où il ne fit trop bien ses affaires; la guerre d’Allemaigne , qui fut