Voyez le Discours sur les Duels, t. VI, p. 465 et suiv
ESPAIGNOLLES.
la bataille d’Aljuvarota 1 2 3 4 . Par cas, un cordellier ce jour estant venu baiser les mains du roy, qui en eellébroit la feste, dist au cordellier : Que os parece de nucstra fiesta ? Celebranse en Castilla taies fiestas por seniejantes eencimientos? Le cordeillier respondit : No se fiazen , parque son tanlas las victorias nuestras que cada dia séria fiesta, y moririan las oficialcs de hambre. « Que vous semble de nostre feste? En Castille s’en célèbre-il de telles pour telles victoires? » — L’aulre luy respondit : « Non, il ne s’en fait point de telles, d’autant que nos victoires sont en si grand nombre que tous les jours il seroit feste, et les artizans mourroient de fain. » Voylà une rodomontade d’un moyne aussi belle que soldat ou homme de guerre eust sceu dire.
A 1 cela au bout de quelque temps, un cordellier portugais la rendit bonne, fust au mesmes cordellier, ou à un autre qui fust qui en parlast ; car en preschant un tel jour de l’an que celuy-là que ceste bataille fut donnée, il dist en ces mesmes mots à son sermon, en représentant la bataille (comme telz prescheurs font souvent quand ilz extravaguent de leur thème) : Nosolros christianos, estabamos de un cabo del rio, y los Castellanus de laotra parte*. Quelle attacque fratresqueM
1 . Aljuvarota, ville du Portugal, dans l’Estramadure, près de laquelle en 1385 Jean I", roi de Portugal, remporta une victoire décisive sur Jean I", roi de Castille.