‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 75 sur 251 · Peut-être, monsieur, que vous avez été en Cosmographie · texte numérisé non relu

Peut-être, monsieur, que vous avez été en Cosmographie

6. Monsieur, nous l'avons eue en vue; toutefois nous la laissâmes à main droite, parce que nous étions pressés.

ESPAIGWLLES.

lant ! possible sc moequoit-il d'eux, aussi bien qu’eux de luy, ou bien qu’il lust là descouvert.

J’aymerois autant le conte d’un certain Italien, qui un jour voyant le roy François discourir à sa table de la grandeur et beauté de sa ville de Milan, ainsi que chascun en disoit sa rastellée, l’Italien, se produisant, dit que certes c’estoit une très-belle ville, mais que le port n’en valloit rien, et qu’il n’y avoit gallère ny navire qui ne courust grande fortune de se perdre à l’entrant, si l’on y advisoit bien. Le roy, avec toute l’assemblée, se mit aussytost à rire et à luy dire qu’il avoit très bien veu et recogneu la place et le port à ce qu’il disoit, et qu’il s’advançast un peu pour en parler encor mieux. Parquoy luy s’avançant, il ne dit autre chose, sinon en faisant sa révérence bien bas : Basla, sire , ch'io v ho parlalo '. Le roy luy demanda ce qu’il vouloit dire par là. Luy respondit que, puisqu’un chascun parloit, il vouloit parler aussy, et que s’il eust dit quelque chose de bon et vray, il ne l’eust escouté, et n’eust faict cas de luy; et, pour ce, s’estoit ad visé à trouver ceste bourle’, pour être mieux reçu à parler à Sa Majesté, et estre entendu d’elle, sachant bien que la mer n’estoit pas plus près de Milan que Gennes.

Un pareil traict fit un que j’ay cogneu capitaine de gallères, nommé M. de Beaulieu, fort mon grand amy, qui avoit esté lieutenant d’une des gallères de feu M. le grand-prieur de France, de la maison de Lorraine, qui l’aymoit pardessus tous ses capitaines

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