Bourle , plaisanterie, bourde; de l'italien hurla
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RODOMONTADES
et serviteurs, car c’estoit le meilleur compaignon, et qui disoit le mot de la meilleure grâce qu’homme de France. Ceux de Marseille, ayant un jour une affaire à la court de grande importance, ilz envoyarent j>ar deux fois deux consuls des mieux choisis et des plus sages, qui n’y peurent rien faire, et s’en retournarent comme ilz estoient venuz. Sur quoy ilz s’advisarent de prier ledict M. de Beaulieu d’aller à la court, et prendre la charge de ceste affaire; ce qu’il entreprend fort librement, car il estoit prompt et très-officieux. Après qu’il eut faict son harangue à la reyne-mère, qui gouvernoit tout pour lors, elle luy dict en riant bien fort : « Et quoy ! Beaulieu, a ceux de Marseille n’avoient-ilz point en leur ville « un plus sage personnage que vous pour envoyer « en ambassade ?» Il luy respondit : « Oui vrayment, « madame; mais quand ilz ont veu que les deux « qu’ilz vous ont envoyez n’ont rien peu faire, ilz se « sont advisez d’y envoyer un fou , si qu’il feroit « mieux qu’un plus sage; et pour ce ilz m’ont del- « légué. Que si vous me faictes ce bien, madame, « de m’octroyer ma requeste, vous me mettrez en « réputation ; et, de fou qu’on me tient, je scray dé- « sormais estimé très sage. » I.a reyne, qui aymoit les bons motz et à rire, luy accorda sa requeste et le fit dépescher : et puis s’en retourna joyeux, et fort glorieux, et bien estimé des Marseillois qui luy firent un beau présent de mille escus pour sa peine , qu’il ne cela point à la reyne, qui en fut bien ayse. J’eslois lors à la court, qui en vis tout le passe-temps ; car ledict Beaulieu estoit mon intime amy.
Estant demandé un jour à un brave combien
ESPAIGNOLLES.
d’hommes il pourroit bien combattre et en sortir à son honneur, il respondit: Si es hombre de bien, uno basla; y de vellacos, la calle llena. « Si c’est un homme de bien, il y a assez de luy; mais si ce sont des poltrons et gens de peu, toute la rue pleine. » Comme voulant dire qu’il en tueroit tant que les rues en seroient pleines, et en pueroient. Cesle response certes est belle et de considération ; car il n’y a rien si aisé que de battre des gens de peu.
Si nous voulons croire à un conte d’un capitaine que j’ay eogneu, vray enfant de la mathe s’il en fut onc, qu’on apelloit le capitaine Fréville, brave et vaillant, un grand jeun’ homme de l’aage de vingtcinq ans, de belle et haute taille, et bonne façon, et qui parloit aussi bon allemant comme sa langue françoise, pour avoir demeuré au pals six ou sept ans; ce capitaine estoit fort mon amv et m’avoit suivy au siège de la Rochelle, et à la court quelquefois. Le roy Henry, à son retour de Polloigne, estant à Lion, ce capitaine estoit bien souvant avec moy, dont il me fut dit de bon lieu que je l’advertisse qu’il ne se pourmenast plus tant, et qu’il pourroit estre en peine de la justice; ce que je ne failly de luy dire, et de l’en advertir. Mais il me respondit froidement : a Monsieur, je vous en remercie; mais « ne vous en mettez point en peine pour moy de « cela; car cela n’est rien. Ce n’est que quelque pet- « tite batterie dont on m’accuse; mais la justice ne (( me sçauroit rien que faire. » Je voulus sçavoir au vray que c’estoit. Il me dist : « Monsieur, c’est rien « cela; mais, puisque le voulez sçavoir, c’esloit un « maraut, marchant de Paris, qui m’avoit fait un
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« desplaisir. Je le fis guetter et sceuz comment il « s’en alloit à Orléans un jour, avec quatre ou cinq o autres marclians de ses compaignons. Je monte à « cheval. Je les suis tant que je puis. Je les trouve « qu'ilz disnoient à Longemeau '. Je mis pied à terre, « et donne mon cheval à mon homme pour le tenir. « Je monte en haut avecques mon pistollet bien « bandé et le chien abattu. Je trouve mon homme « au bout de la table. Soudain je vins à luv, et luy « dis : C on fesse- toj-, marchant de Paris , tu es mort. « Je luy présente le pistollet, lequel faut, et soudain « mis la main à l’espée. Je luy donne à travers le « corps, et tumbe roide mort par terre. Je vis ses « compaignons qui font semblant de faire des mau- « vais. Je donne à l’un si grand extramasson sur la « teste, que je la luy fends à demy; si bien que, tout « estourdy, il tumbe dans le feu qui l’acheva de « mourir. Au tiers je donne une grand’ estoquade, a dont il tumba soubz la table, pour amasser les i miettes qui y estoient tumbées ; mais il n’en amas- « sa guières, car il mourut. Le quatriesme se mit à « fuir et gaigner les degretz, mais je lui donne un si « grand coup de pied parmv le cul, qu’il descendit « plus viste qu’il ne voulut, car il se rompit le col.
« Moy, j’essuye bien gentiment mon espée à La nape,
« et bois un coup, laisse mes gens là mortz. Je redes- « cens et passe sur le corps de l’autre au degré et,
« tout froidement, remonte sur mon cheval, sans « que personne de l hostellerie s’esmeut ny bougeast « autrement, et me sauve. Et tout cela, mon espée