‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeille, seigneur de Brantome publièes d'après les manuscrits avec variantes et fragments inédits pour la Sociètè de l'histoire de FranceChapitre 81 sur 251 · Ilz, Pescaire, Bourbon et Albe · texte numérisé non relu

Ilz, Pescaire, Bourbon et Albe

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RODOMONTADES

et leur donner tant de pillages qu’ilz avoient beau moyen de patienter et attendre leurs payes, qu’ilz n’en vouloient perdre pourtant pas une seule : tesmoing le sac de Rome, qui les rendit saouls jusqu’à la gorge, et pourtant fallut que le pape baillast de l’argent pour les payer.

Or voiev la façon qu’ilz ont à se mutiner, ainsv que j’ay ouy dire et conter à aucuns d’eux : ilz commencent à se plaindre les uns les autres, et puis sourdement font courre ces motz parmy eux : Motin, motin Et puis tout haut commencent à crier : A fiera , a fiera , /os gusmanes. A parleuse , porque nos queremos amolinar Car, s’il y a des gentilshommes et des gusmans, qu’ilz appellent ainsi parmy eux (comme il y en a force), ne les veulent point recevoir en leur eompaignie; aussy eux ne le feroient pour tout le bien du monde, car ilz seroient déshonorez pour jamais, bien qu’il y en ait eu aucuns, ainsv que j’en ferois un beau discours; mais il serait icv trop long et superflu. Les capitaines qui en sentent le vent se retirent de bonne heure, tant pour ne courir fortune de la vie que de l’honneur; car ilz penseraient estre déshonorez à perpétuité, et leur serait reprochable s’ilz se trouvoient brouillez parmv leurs menées. S’estant joincts en bonnes troupes, qui plus qui moins, ilz eslisent pour leur chef le plus habile et le plus advisé qu’ilz peuvent choisir parmy

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