‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 16 sur 77 · Bourg- sur-Gironat (Gironde · texte numérisé non relu

Bourg- sur-Gironat (Gironde

e party huguenot. De la perte duquel ce fut grand hommage, car il avoit beaucoup veu, etcroy qu'il estait des bons capitaines qu'eust M. l'Admirai, et le plus practic. L'histoire raconte donc "que l'empereur, voyant qu'il étoit nécessaire de gagner l'autre bord du fleuve de l'Elbe, si renommé chez les anciens Romains et si peu connu d'eux, mais si bien connu et si célèbre pour les Espagnols ; et ayant donné ordre que son arquebuserie usât de toute diligence, et qu'elle passât pro m ptement, dix arquebusiers espagnols se dépouillèrent à la vue de l'empereur, et nageant avec leurs epées dans leurs bouches, ils s'approchèrent de quelques barques, malgré les arquebusades que les ennemis leurtiroient de la rivière, les gagnèrent, et tuèrent ceux qui estoient restés, et les amenèrent aux arquebusiers, qui passèrent dedans et restèrent maîtres de la rivière, les ennemis ayant tout à fait perdu courage.

L'empereur, voulant reconnoître et recompenser de si vaillans soldats, les fit venir devant soi après la battaille gagnée, et leur donna un habit de velours cramoisy, d'autres disent d'écarlatte, à leur choix ', et bien garni d'or et d'argent, et cent ducats à chacun, avec de grands privilèges dans leurs compagnies; et, ainsi distingués dans l'armée, ils se promenoient avec beaucoup de fierté, et tout le

]. La traduction suivie par l'édition de M. Ludovic Lalanne porte ici entre parenthèses : ainsi qu'ils les appelloient lors tlldaallitlof, autres bonruquillûs. — Tuiisqaïtloi (petits allemands) semble désigner une mode allemande.

aves et :t capi-

RljDOMONTADES ESP A IGNOLLES.

monde disolt d'eux : « Ce sont les braves « déterminés des barques 1 . »

Le livre n'en dict pas tant ; mais lediet capitaine, fort mon amy, me l'a conté ainsy. Je îs jure qu'on avoit raison de les admirer, de les appeler tels; car leur acte esioti ive : et telle rodomontade valoit plus que it de parolles.

C'est assez sérieusement parlé : retournons cor un peu à la bouffonnerie touchant ces rodomontades.

Un certain Espaignol , louant une espée

qu'il avoit à un sien compagnon 1 disoit :

« De cinq epées que j'ai, voylà celle en

laquelle j'ai le plus de confiance, et qui ne me

I . Que el emperador, viendo que era netessario de ganar la otra parte del rio rtlbis, tantas veces nombrado por los antigut^ Rotnanos, y tan pocis Visio par ellos, y de loi Espaaoles bien reconorido y sciislaiio, habia inandado que la arquebuwria usase loria diligencia, y que pasase. Subitatnenie se desnudaron diez arquebuieros espaholes A la vïsta del emperador, y eslos, nadando con las espadas atravesadas en las bocas, llegaton à algunas barcas, lïrando i los enemigos mucho-. Il : Ibera, y ganarodlas, y ma-

taron À lus que habiau que-dada dentro, y ast las traxeron; en las quales pasù la arquebuzeria, y quedô seriora de la ribera, y los enemigos camenzaron de! lodo a perder el aniino. Y queriendo el bravo emperador reconocer y galardonar lan valienles aoldados, despues la balalla ganada, mando venir los rtichos soldados adelame Su Magestad, y darlos un veslido de terciopolo cramesi, otros dicen de

Îrana, à su modo, y bien garnerido de oro y plala, y «en ucados a cada uni), y grandes venlajas en sus companias; de manera que asi distinguidos, delante de lodo el campo, iban braveando y naseando con gran soberbia, de manera que

Kl a génie ïba diciendo de ellos ; ■ aqui estan los bravos erminados de lits barcas, .

Vantant son ëpée a un compagnon.

SA Rc

manque renom n tant de

Rodomontades espa

manque jamais au besoin. C'est celle qui e renommée par toute la terre. C'est celle que m'a tant de fois empruntée don Pedro- 1 . C'est la même sans laquelle il ne s'est point fait de querelle' dans toute l'Andalousie depuis trente ans où elle ne se soit point trouvée;

[>arce que, lorsqu'il arrive quelque défis entre es amis à Cordoue, à Cadix, a Malaga, à Cartagene, et en plusieurs autres lieux, sur-lechamp ils m'envoient chercher par rapport à elle. Ce fut avec elle qu'ils tuèrent le sacristain de Saint-Lucar. Ce fut avec elle qu'ils coupèrent les jarrets à Navarico, soldat du duc. Ce fut avec elle que Ravanal fit de grands exploits à Tolède, du temps que don Galtero tua le Biscaïen dans J'Alcaçar*, et rien ne fut cause de son satu! que ce qu'il avoit ceste epée. C'est celle-là même au sujet de laquelle ils ont accoutumé, depuis un an, de mettre pour condition dans leurs défis que personne ne prendra mon epée. En sorte qu'elle est aussi fameuse par toute la terre, et dans les compagnies que l'epée enchantée de Roland et du roi Artus; et que, si je voulois raconter ses merveilles, je ne finirois jamais 1 . »

j. Pedro Recuero. Voir le texte espagnol.

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