‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 17 sur 77 · ne s'est pas tenu un champ clos · texte numérisé non relu

ne s'est pas tenu un champ clos

;. Nous avons vu précédemment ce dom Recuero (mule-

tien, ce Ravanal, ce Galtero. Les narrateurs changent, mais la facétie ne varie point en ce qui regarde ces types popu-

4. De cinco que tengo, esa es en quien yo tengo mas confianza, y la que tnuica me fallu de la rnano. Esa es la que tan famada esta en toda la tierra ; y es la que lamas veces me pidij emprestada don Pedro Recuero : y esta tnîsnta es

Rodomontades espaignolles. 5$

Ceste espée me faict ressouvenir d'un de nos vieux capitaines du Pied m ont, que j'ai cogneu,qui pourtant ne faisoit pas plus grands miracles de son espée qu'un autre, et disoit : a Quiconque aura affaire à moy, il faut qu'il aye affaire à Martine que me voilà au costé (appellant son espée Martine) : et quiconque me la besoignera l (usant de l'autre mot sallaud qui commence par f), qu'il die hardiment qu'il aura besoigné la meilleure espée de France. »

Voilà une plaisante louange d'espée de cest Espaignol! Mais le gallant s'oublie en cela; car il ne conte point les vaillantises qu'il a faictes avecques ceste espée, sinon celles des autres ; mais il pourra dire que si les autres faisoient si bien avecques ceste espée emprumptée, infailliblement, estant sienne et entre ses mains, elle faisoit rage. Toutefois, il y en a aucuns et plusieurs aux espées desquels ne faut attribuer leurs beaux faicts et vaillantises,

que treinta ahos â esta parte no se ha hecho campo en toda la Andaluzia, donde ella no se haya hallado ; por.que de Cordera, de Cadiz, de Malaga, de Cartagena, y de otras muchas y di versas partes, donde suceden algunos desafios entre los amigos, luego me envian por ella. Y con esta fué con la que mataron el sacristan de San Lucar : y con esta cortaron los mulos à Navarico, el soldado de duque ; y con esta Ravanal hizo grandes cosas en Toledo, al tiempo que don Galtero mat6 el Viscayno en el Alcazar, y no pudô hallarse en salvo, sino por tener esta espada : y esta es la misma, por quien, ha un aho que tienen ya por costumbre en los desafios sacar, per condicion que nunguno lleve mi espada. De manera que es tan famada por todas las tierras y companias, como la espada encantada de Roland, y del rey Artus. Que si yo quisiese contar las virtudes de esta espada, nunca acabana. 1 . C'est-à-dire quiconque tirera contre elle.

Rodomontades e

mais à leurs bonnes mains et braves courages. Cestuy-cy, que je vais nommer, se loue bien mieux.

Il y avoit donc un Espaignol qui disoit :

a Ne savez -vous pas ce qui m' arriva à Cordoue, puisqu'il n'y a rien de plus connu en Andalousie, de ce François le passementier, lequel fit mine de lever la main contre moy? Il n eut pas plustot achevé de se développer de dedans sa cappe, que je luy coupai la main droite avec son propre poignard, et que je la clouai au dessus du cabaret delà petite Cornemuse 1 . Cependant je ne m'absentai point pour cela, et je ne laissai point de me promener par les rues et par les endroits les plus détournés, sans craindre la justice, parce qu'elle n'est faite, non plus que le caresme, que pour les petiles gens, pour la canaille et pour les malheureux. Et, de plus, je marchois toujours bien armé, l'epée à la main 5 et a demi dégainée; et je ne manquois jamais d'une rondache de Seville avec son attache, la barbe large et les cheveux préparés; et quand je devois sortir accompagné, mes amis ne me manquoient point, qui, au nombre de trois cens, et en vérité tous hommes de bien et d'expédition, se joignoient à moy au moindre bruit 3 . »

l . De Gaétan. — Voir le teste espagnol qui semble . omis le nom de l'enseigne.- comme le français omet le du cabareiier.

i. La main sur la poignée de l'épée à demi dégainée.

). Nosabeis que me aconteriû en Cordova. ptirque ne tosa mas public.! m Arnl.ïUi/i.i, de- aquel Franceseco o uero, el quai hizo mueMra de hacer inaiio contra mi • ho hubo acabado de desenvolver su capa, quando yo le ténia

Rodomontades espaignollbs.

Un gentilhomme espaignol, qui estoit fort gros et gras, montant un jour les degrés du chasteaude Madrid, il y eut deux autres gentilshommes qui estoientauhaut,qui, le voyant monter, s' entredirent assez haut que l'autre i'ouyst: a Regardez ce cochon qui monte 1 . * ' estant monté, leur diet : u II est vrai, je s un cochon ; muis vous ne me tuerez point ditil à l'un. Et, pour vous, vous ne me mangerez point », dit-il à l'autre*. Picquant l'un, qu'il ne le tueroit pas pour son peu de valeur qu'il eognoissoit en luy ; et l'autre, qu'il ne le mangeroit point, d'autant qu'il estoit soubçonné d'estre marrane", lesquels ne mangent point de pourceau.

Un médecin dict bien mieux, leouel estant allé voir un evesque qui estoit malade, mais

eon su inisni'i puii.il rortada h ruant] deredia, y clavada en rima del bodegon del Gayetaneto. Pero, ni por cso perdi U tierra, ni desé de pasearme por lai calles y rilKooes, lin temei ta justicia; porque ella, y la tuarcsma, nos on sino para los ruines, vellacns, y desdichados : y ademas, siempre andaba yo bien annado, siempre la espada en la m.ino, y ton la média vayna, y t.imbii'u nuiv.j doMbn un broquel de loi Sevillanos, y su aiudura; con la barba larga, y cabellos trasiuiil.idos; y quando era menester de salïr acompanado, M me faltaban amigos, que, j medio repiquele de c; se juntaban trecïentos compatieros y todos en verd; bres de bien y de rn.ino (u|,

i . Mira d puerco que sube.

i. Si, yo soy puerco; mas, ras no me matareis, l'un; y vos, no me coinereis. — PUquaat l'an, c

j. Marrant est ici pour marm. On appelai! ainsi le qui avaient pané d'Kspagne en Languedoc et y avaieni

Ji) Il y a dans le teste au demi-carillon de. la clocl re au premier appel, avant que la sonnerie di ait fini de se faire entendre.

58 Rodomontades espa

fort gros et gras; et l'ayant laissé, ainsi que aucuns de ses amys, en sortant de sa chambre, luy eussent demandé comment il se portoit, il ne dict autre chose, sinon : « Plût à Dieu que mon mulet se portât aussi bien ' ! »

Un pauvre diable espaignol qu'on menait pendre, ainsy que le cordelier l'admonestoit de son salut, et luy demandoit s'il ne s'esioit pas bien tousjours soubvenu d'une oraison qu'il luy avoit apprise, et s'il ne l'avoit pas tousjours dicte (laquelle la disant tous les jours, il ne se mourroit jamais de feu ny d'eau, et si scauroit le jour de sa mort); le gallant, tout prest à estre jette au vent, luy respondit arrogamment : «Eh! allez au diable, mon père. Vous n'avez que trop bien prophétisé ; puisque je ne meurs pas, à la vérité, dans le feu ni dans l'eau, mais dans l'air, qui est encore pire; et que, quoique votre oraison ne m'ait de rien servi, je scais néanmoins le jour de ma mort*», et ainsy mourut-il. Le conte tient plutost de la plaisanterie que de la rodomontade : et l'ay plutost escrit que pensé : toutesfoîs je ne m en repens, car il n'est point mauvais.

Un capitaine espaignol estant allé un jour voir une courtisane sa dame à Toledo, elle, luy pensant remonstrer qu'il ne venoit à la bonne heure, d'autant qu'à telle heure du soir passoient et repassoient trois braves et rodo-

] , Pluguiese i Dios que fue.se tal mi macho !

1. Vayase al diablo, senor frayle, que tan bien ha prefetiïadu, y (an mal nie hj servido tu oradon ; nu! que nomuero en fuego ni agua, mas en el ayre, que es peur, y lambien yo se y conoicoel dia de mi muerle.

ES ESPA1GN0LLES.

monts de la cour, ious couverts d'or, ei leurs rondelles en la main chascun, qui éstoient les deux Pymantels et don Juan de Gusman, il luy respondit en bravant : « Qu'ils viennent, qu'ils viennent ces braves de la cour, si bien ordonnés et si bien garnis de rondaches ! Vive Dieu! leurs boucliers et leurs rondaches ne m'épouvantent pas plus que les corcelets et les arquebuses de cent ennemis en campagne. El s'ils vendent, je leurs ferois voir combien il est dangereux de toucher à mes amours 1 . » Mais le bon fut qu'ainsy comme il bravoit, les voicy venir toucher à la porte avecques grand'rnmeur de leurs armes, et que luy, entendant Je bruict, il dit à sa dame : « Madame, ce seroit une grande folie et un trait d'étourdi, de téméraire et d'ignorant dans les armes, d'attaquer trois hommes, moi tout seul : c'est pourquoi il vaut mieux que j'assure la porte par-dedans, que je me retire et que je me sauve dehors-. » Je tiens ce conte de M. de Savoye, qui en sçavoit de fort bons, et les racontoit bien quand il vouloil.

Et certes, ce capitaine avoit raison, après avoir bien pensé en son faict, de se desdire

li Que vengan, que vtngui esios braves de corle, de 1ns mai pintades, y tan bien aftdtlailosl Que vive a Dias. sus rodelas y broqiieles no me espantan, ni mas ni menos que 1 01- cosefetes y arquebnzes ds cien enemigos en campaiia. Y

si vienen, vo les mostraré cjue pdigrosa cosa es de locar à

î. Senora, grand looara séria, y trato de un atrevïdo, lemetario, y ignnro ,1? las armas, de un solo atometer ,i très : y por eso, mejor es por mi de reconocer la pnerta por detras, y recogerme, y salvanne afuera.

ÏDOMONTA[>ES ESPMGNOLLES.

de sa bravade et se retirer de bonne heure; car ces Pymantels estoient des fendans de la cour de ! empereur, et des plus accomplis et adroicts. Ce furent ces deux qui se firent tant signaller en tous les tournois et combats célèbres en Flandres pour la réception du roy d'Espaigne, et même don Alonso l'aisné.ainsy que j'ay leu, et ouy raconter à madame de Fontaines , l'une des honnestes dames de France, qui estoit lors fille de la reyne Eleonor, et se nommoit Torcy. Du despuis Alonso fut envoyé visce-roy à la Collette, où il fut accusé de sodomie, et pour ce sentencié. Sur-

auoy un gentil homme rrançois, quejecognois, emandant une fois a Rome à un Espaignol de la mort dudict Alonzo, lors il respondit naïfvement : « Monsieur, il fut brûlé parce qu'il était sodomite, comme peut-être 1 êtesvous aussi ». » Ce qui fut tourné en risée, voyant la naïfveté dont usoit en son parler ledict Espaignol,. et aussy que ledict gentil homme estoit soupçonné de ce vice.

Ce capitaine espaignol précèdent lenoit de l'humeur et opinion d'un autre qui disoit :

« J'aime mieux que le monde dise de moi : « Un u tel s'est enfui d'ici » que : a Un tel mourut « ici. i Celuy-là vouloit vivre à bon escient*. Un soldat espaignol, discourant et racontant

l. Sefior, fue quemado, porquc cra bujarron, como por ventura V. M. (n).

î. Mas quicro yo que de mi diga la gsnle : ■ aqui un tal huyo, ■ que • aqui un tal murio. ■

ta) Comme Votre Grto (Vuestra Merced) pourrait l'être par aventure.

■OMONTADES ESPAIGNOLLES.

un jour demi-douzaine des blessures ou har quebusades qu'il avoit receues à la guerre 1 une prise au siège de Parpignan, l'autre à ' Collette, la troisiesme à Cerizolles, la quairiesme à une rencontre en Piedmont, et la cinquiesme à la reprise de Casai; et, venant à la sixiesme, monstrant une grande ballaffre qu'il avoit tout le long du visage, et faisant la mine de mesmes ', ifdict : a Et celle-là, un sodomite d'Italien me la donna par derrière; et elle me chagrine plus que toutes les autres, parce que sitôt qu'il me l'eut donnée, il s'enfuit et s'eschappa de mes mains, de manière que je ne ie pus atteindre ; et il se tint si bien caché et si à couvert de moi, qu'il y a deux ans que je le cherche partout sans le pouvoir trouver. Mais, vive Dieu ! si je le trouve, fûtil entre les mains de Belzebut, je lui donnerai tant de bastonades à la turque, que je te ferai mourir bon martyr 5 .

Un de nos capitaines françois dict bien mieux une fois, menaçant un sien ennemy :

a Je luy donneray tant de coups de baston que je l'en feray mourir : et, quand il sera mort,

I'e le feray escorcher, et corroyer sa peau ; si uenque j'en feray un tambourin, que je feray

[. El indiquant que la sixième était de mime.

3. Y esta me la dio por delraS un bujarrou Italiauo, que me pesa mas que todas, porque luego que me la dio, Imyo, y escapô de mis maijos, de tal manera que no le pude altinar; y se tient tan secreto y escotidida de rai, que hay doi ano3 que le voy buscando, sin potier hallarle. Mas, viva Dios ! que si yo le topo, auuque fiieae entre los brazos de Belzebut- vo le daré tanios calos i h turquesta, que yo le

BekébiK,

haré"

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