‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 26 sur 77 · No puede ser; porque los Mon» n · texte numérisé non relu

No puede ser; porque los Mon» n

■ pelado.

. te vi por la dela pointe sous la 1 carne de liebre.

Rodomontades espaignolles. ni

attaque pourtant pour le taxer de couardise comme le lièvre, qui fuit tousjours et ne combat jamais; ou possible pour la lèpre, car les Mores n'en mangent point pour ce subject, non plus que du pourceau et autres animaux deffendus en leur loy.

Pour parler de la cruauté de ceCaravajal, il se dict qu'il tua plus de cent hommes de sa main propre en une bataille qu'il donna. Il estoit aagé de plus de quatre-vingt et quatre ans lorsqu'il mourut. Quel brave et vaillant vieillard! Il fut fort dur à se confesser. Il avoit porté une enseigne en la batiaille de Havenne, et paravant avoit esté soldat du grand capitaine Gonsalve au royaume de Naples. De bon maistre bon apprentif, car c'a esté un des meilleurs hommes de guerre qui ait jamais passé aux indes, ce disoit-on lors.

Les maisons de Pizarre et de Caravaja!

furent du tout rasées, et dedans toutes semées de sel 1 , avec tels escriteaux : ky sont les mations des traîtres Pizarre et Caravaja!. De mon temps, que j'estois en Espaigne, leurs noms et valeurs raisonnoient encor par la bouche d'une infinité de gens, et en racontoient de beaux et esmerveilïables actes, et ne se pouvoîent saouller d'assez les louer. Que c'est que de vaillance! car, qu'elle soitTiien ou mal employée, elle est tousjours estimée,

l . Rasées au niveau du sol, avec sel jeté sur leur emplacement. — Le sel contrariant toute végétation, cela voulait dire que le sol lui-même était condamné à témoigner plus -- 1 des crimes de ses anciens possesseurs.

H2 Rodomontades ëspaignolues.

ainsy que dicl le refrain en lalin : Fama, sut bona, sur mala, fama est.

Et autres disent : Sive bonum, sive malum, fama est.

C'est-à-dire, <t toute renommée, soit bien u ou mal, est renommée; « ou bien, «soit 11 bonne ou mauvaise, c'est renommée, » et mesme quand elle part d'un cœur vaillant et généreux, et non pas poltron; car enfin tout cœur généreux, qui entreprend quelque chose de grand selon soy, ne sçauroit estre autrement que fort estimé et loué, comme Machiavel en est de cet advis. Mais pourtant il est bien tousjours plus louable et plus sainct faire bien que mal ' ; car enfin le bien est tousjours recompensé pour le bien, et !e mal pour le mal.

Il faut conter ceste rodomontade en faict, qui est très-belle, et pourtant incroyable.

« Les Espaignols ont exécuté de grandes choses en diverses parties du monde, depuis qu'ils ont porté leurs armes et qu'ils ont déployé leurs étendards presque par toute la terre, pour lesquelles choses ils ont mérité entre toutes les nations le renom d'une gloire immortelle. En laissant donc beaucoup dont on parle dans différentes histoires, la seule action d'un soldat qu'on a indignement mise en oubli, force à croire quel est le courage et la valeur des Espagnols. Du temps que le marquis de Pescaire s'en alloit aux guerres

i . Restriction qui semble faite pour ne pas choqu.tr l'opinion reçue. On sent que Branthôme admire Pilaire, cet ancien bouclier qui egorgen ou fit égorger des millions d'Indiens comme s'il n'avait pas voulu renoncer àson ancien initier.

opiniltres de Lombardie, une meslée ses liée entre les François ei ies Espagnols. Louis de La Sena, soldat espagnol, posé en file dans son bataillon, fut blessé d'une balle; et sa cuirasse n'étant pas suffisante, la balle entra dans son corps. Le courageux soldat, sentant que cette balle descendoit dans la concavité du bas ventre, se retira un peu de son rang, et, avecun effort et courage incomparables, il tira un couteau, se fit une petite ouverture au basvemre, par où (chose qui paroîtra une fable) il fit sortir la balle; et repoussant dedans ses boiaux avec ses doigts, il fit, avec un courage

3u'on n'a jamais vu, d'un côté et de l'autre e sa blessure, divers petits trous dans les chairs mesmes, et y passant une aiguiliette.il recousut avec une grande constance l'ouverture qu'il avoit faite. S'en estant retourné à son rang, on ne s'aperçut point à sa mine du martyre qu'il s'etoit procuré de ses propres mains; au contraire, il tenoit bonne contenance entre les plus sains, quoiqu'il se trouvasi en si mauvais état, jusqu'à ce que de là à peu d'espace de temps on lui tira une arquebuzade dans le sourcil, laquelle lui creva un œil ; c'est pourquoi on fut obligé de le tirer de son bataillon : et ayant esté pansé avec non moins de diligence que d'admiration, il vint à Valladolid, ou estoit l'empereur Charles, et lui montrant le témoignage de sa valeur, Sa Majesté lui donna pour sa récompense cent ducats de rente perpétuelle 1 . »

ii4 Rodomontades espaicnolles.

Je croy qu'après ce conte il ne me faut mesler <fen faire un autre de plus grande générosité espaignolle que celuy-là. Ceste rodomontade en vaut bien cent autres de parolles, Je pense qu'on ne sçauroit quel plus

gando sus banderas quasi por todo el mundo ; por las quales lian mereiidu mire todas las naciones rcnombre de immortal metnoria. ï dexadas mudias que por varia 1 ; hisrori.is .indan celebradas, el hecho solo de un soldado, el quai indignameule esta puesto eu olvido, fircrza à creri- quanro sea el anime y valor de la génie espaiieJa. Al tiempo que el marques de Pescara audaba envutltu ni las pyrtiada.s guerras de Lombardia, lulii'/inloi.e tr.r.-.i.la entre Franceses y Espaûoles una pelea, vino à herir une bala h Luys de la Sena, soldado, que estaba puesto eu Ida en su batallon de infanteria; y no valiendo la defensa del corsclete, le entré la bala en el cuerpo. El animoso soldado, sentiendo que la bala baxaba por los vaiios fii) à las trjpB, apartandose un poco de su ordenanza, ton intompa utile esfuerzo y osadia, sacando un cuchilio, je hizo una pequena abertura en la barriga, par donde (casa que parece fabula) hir.o salir la bala : y volviendo Con los dedos las tripas para deniro. cou animo nunca visto, hizo con la punta del cuchilio, de una y otraparte, algiinos agujctiloi en sus mismas carnes, y pasando por elles la agujeta, cosiô con grande comuncb la aberlura que habia hetho ; y vuello â su fila, no se conocio en su semblanle cl marbra que de si, ton sus manos, habia antes hecho ; y parecîa de los muy sanos, aquel que Ténia el cuerpo tan mal dispuesto; hastaque de ahi :i pr,tù rate le hirieron de un arquebuzazo en [> ceja, y le quebraron un ojo, por lo quai fué necesarïo que le sacasen del batallon. ï no con menas diligencia que admiration curado, vino à Valladolid dunde estaba el emperador don Carlos, y mosiranda el testimonio de su valentia, Su MfigTIrtlri le i" zo merted de des ducados de renta para siempre

(a) Une autre traduction porte Li balte tny baissait par le vague dans les tripes. Le vague est ici pour los raniu que te vmitr (ventre) de la langue d'oc paraît mieux traduire. Mais il est très probable que la balle n'avait point pénctrE avant ; la lésion devait être superficielle.

Rodomontades espaignolles. ni,

louer, ou ce soldat espaignol, ou M. Sceva, l'un des esleos et favoris soldais de Jules Cassar, lequel, après s'estre trouvé luy faisant service, en plusieurs battailles, rencontres et combats en la Gaule, et s'estre faict signaler

Eour un des vaillans et déterminés soldats qui issent à son année, et venant la guerre entre luy et Pompée, en ce grand combat qui se fit entre eux à Durachie ', ce soldat, après avoir eu un œil crevé, et son corps percé en six divers endroicts de part en part, et son bouclier troué, auquel estaient encore fichées et plantées six vingt flesches qui l'avoient percé à jour, se jette (ce nêantmoins) hardiment dans la mer; et fit tant qu'il se saulva à la nage, et vint trouver son gênerai. Encor, après avoir si bien faict, se présentant à luy desnué de ses armes (chose illicite en la milice romaine), se mit à luy crier : « Ah ! mon empereur, pardonnez-moy si j'ay perdu mes armes, o A quoy Cœsar ne fit autre esgard ny réprimande; mais, le louant par-dessus tous, le mit en honneur et estât de centenier.

J'ay cogneu un brave, escalabreux * et vaillant gentil homme de Bretaigne, qui s'appelloit M. de Mareuil, de fort bonne maison, nourri autresfois page d'honneur du roy François premier : lequel, aagé de soixante ans, en la battaille de Dreux, ayant faict ce qu'un homme de guerre peut faire vaillamment, et y ayant esté blessé en trois 3 endroicts, l'un

i. Dyrr.idmim (Dumre).

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