I. Ut conqulst dt Nayaire
l. Porque una hueste gùbernada 4e dos capiranes générales,
). Que atii no la querian dar, mas en bs rases campes de Bordeos, adonde aderezaban sucaniino, para conquistar t°da
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Après la banaille de Sai net-Quentin , les Espagnols disoient : « Les François ont aujourd'hui perdu la gloire que Tite-Live' leur accorde en disant : Les François sont la gloire de la guerre*. » Ils ne s'en doivent point mocquer, parce que, comme eux-mêmes disent, « les choses de la guerre vont fort ma! au moment où l'on y pense le moins' ».
Lorsque l'empereur arriva devant Metz, y ayant envoyé auparadvant son armée, ceux de son camp célébrèrent son arrivée par de grands feux, salves et autres grands signais de joye. Ceux de dedans, de leur costé, estans en cervelle de ceste venue, et qu'à ce premier abord on leur pourroit préparer quelque fricassée, firent aussy par toute la ville allumer des chandelles aux fenestres, et allumer feux sur leurs remparts; de sorte que les Espaignols disoient « que c'esloit une chose merveilleuse que les feux, les illuminations et les flambeaux qui esloient dans la ville, ce qui paroissoit une chose enchantée ; non pas moins dans le camp de l'empereur, qu'on voyoit tout éclairé et tout brillant de la quantité de feux qui le faisolent paroitre un autre ciel étoile*. «
i . saiiuste.
1, Este dia perdieron los Francescs el nombre que Tito Livioles da, diciendo : • Calli sum giotil bdli. ■
j. Las cosas de la giierra van mal al f.empo que mas sin pensai- la eslan.
4. Que era tosa maravillosa los fuefjos, y luminarias, y hachas, que estaban tn .1 (ujjj, de manera que pareoa rosa encantada. No reenai el reil de! e nperadur era Visio clara y radiante por '.1 îr.uchedumbre de hiegos, que pareeil otro cielo eslrellado.
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Estant le duc d'Albe assiégé dans Pampellune par le roy Jehan et M. de La Pallisse, et attendant l'assaut, entre autres parolles qu'il prononça en son harangue, exhortant les siens.il dict celles-cy : « Je crois bien, soldats, que votre courage ne sauroit croître par ma paroles; et je suis bien certain que l'approche de la bataille ne vous fait point peur. Vous avez trouvé ce que vous avez tant de fois désiré, de vous voir avec vos ennemis, et non seulement les vôtres, mais de Dieu. Je me suis acquitté de tout ce qui me regarde avec bien du soin; le reste dépend delà vertu de vos courages et de la force de vos bras. Je vous demande que vous vous souveniez du nom de l'Espagne, qui n'a jamais pu être vaincue. Et si vous me voulez dire que les Espagnols ne se doivent point vanter de cela, puisque leurs étendards sont au pouvoir des ennemis depuis la bataille de Ravenne', je le confesse; mais considérez qu'ils y ont trouvé une si sanglante victoire, que les François confessent euxmêmes que plût à Dieu ou'ils eussent esté les vaincus, plustost que d'obtenir une victoire si périlleuse. Souvenez-vous que sur cette même terre où vous marchez maintenant, le roi Charlemagne a esté défait et vaincu avec ses douze pairs. Notre roi don Alphonse le Chaste disoit qu'il y avoit plus de gloire à conserver ce qu'on a acquis, que de faire de nouvelles acquisitions, en ne Tes pouvant conserver. Et
I . M. Ludovic Lalanne a reconnu que celle allusion i ta bataille de Ravenne n'était point dans le texte espagnol cité par Branthiimc.
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puisque, lorsqu'on montre aux hommes courageux le péril, leur courage s'en accroît, je vous avertis que vous estes condamnés par les François à perdre la vie sans aucun quartier. Je vous prie donc que vous la leur vendiez de manière que vus meurtriers tombent à terre avant voire sang, Et parce que je vois déjà les étendards des ennemis s'avancer, je vous recommande de garantir de honte le nom et la gloire de l'Espagne 1 . »
Voyla de beaux mots et de grand poids,
i . Bien creo, caballeros, que no podré acrecentar vuestro «faerM CDD mis palabras, y ïambien soy rierto que la visu de la batalla no os pone raiedo. Aquello que muchas veces deseasteis habeis hallado, que es ver os con vuestros enemigos, y no solo vuestros, nias de Dios. Todo lo que me toca, de cslado y con mucha diligencia lo he liccho : lo dénias pende de la virtud de vueslros corazones y fortaleza de vuestros brazos; os ruego que os acordeis del nombre de
ponder, que de eso no se pueden alabar los Espanoles, pues estan sus banderas en poder de sus enemigos, despues de] dia de la balalla de Ravena, yo asi os lo confieso : mas, mirad que lan sangrienta Victoria luvieton, que las misraos Franreses confîesan que pluguieria a Dios que ellos fuctan vencidos, porque no luvieran la Victoria tan llorosâ. Acordaos que en la tierra que de baxo de vuestros pies holbis, el rey Carlo Magno fué vencido y desbaratado, con muerte de sus doce pares. Decia rey nuestro don Alonlo el Casto, que haymas glorîa de conserva r lu adquirîdo, que ganar grandes tierras, no pudiendo sostenerlas, Y porque a" los virtuoses, raosirandoles el peligro mas les crece et esfuerzo, os hago saber, que estais sentenciados por los Fnnceses à perder las vidai sin ningtina rnerced. Os ruego que asi las vendais, que primero vuestros matadores, que vuestra saugre, caygan en esuello. Y, porque veo ya las banderas de los enemigos avercarse, os encargo que saqueis de vergùenza el nombre y gloriade Espana.
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encor qu'ils soient courts'. Aussy un chef de guerre ne se doit jamais amuser aux grandes harangues, lorsqu on est prest de venir aux mains : les effects y sont plus propres; .linsy que faisoit ce grand capitaine Jules Cssar, lequel, sur le poinci du combat, n'employoit le temps en grandes et longues concions, comme nous voyons en ses Commentaires, qui parloît si briefvement, et en gallant soldat et capitaine à ses gens. Ce brave Catilina, dans Salluste, lorsqu'il fallut donner sa battaille, triumpha de bien dire et courtement en peu de mots, qui portèrent si grand poids, que les soldats, de ce esmeus tous, moururent dans le mesmes champ de battaille qu'ils avoieni choisy, sans en bouger le pied. J ay veu beaucoup de grands capitaines qui se sont mocqués, comme M. le mareschal de Strozze, ainsy que j'ay ouy dire à un de ses capitaines, de leurs compaignons grands harangueurs, principalement en telles besoignes si hastives et preignantes ». Il est bien vray que les consuls romains s'en sont meslés bien fort, comme nous lisons en nos histoires, et mesmes en Tite Live : mais c'estoit longtemps devant qu'ils commençassent leur combat qu'ils ha-
I. Ils sont au contraire beaucoup trop !ouj;s, car on 3 autre chose à faire en face d'une colonne d'assaut; il est probable que l'auteur de la Cotiquttt de iïararre faisait comme les historiens de son temps, et composait des harangues, La mode en fut longue. . Ce n'est point petite chose que faire parler deux rois ■, disait chez nous l'historien
IVarillas. — Quoi ! dit un naïf : Vous faites donc une tragédie. l. Et absorbantes. En langue d'oc, on dit preynur pour tegrosser.
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ranguoient; et se preparoient de bonne heure, car telle estoit fa coustume : autrement le mystère n'en eust rien valu. Mais lorsque ce venoit à enfoncer sans marchander, s ils se fussent mis sur leurs beaux dires et discours militaires, ce fussent esté de vrays fats, et se fussent trouvé les ennemys sur 'les bras, de telle façon qu'ils n'eussent eu loysir de songer a eux, ny se recongnoistre, ny leur ordre, ny leur place de battaille; et si n'eussent jamais faict de si beaux exploicts de guerres et gaigné tant de battailles, et fussent estes ainsy sottement desfaicts. Voylàpourquoy les grands raisonnemens que l'Espagnol appelle razonamienlos, faut que ce soit la vigille de la battaille, lorsqu'on l'attend, ou une heure ou deux devant la battaille, mais non point sur !e point du choc, lequel ne demande que les plus courtes et brievesparolles. Guichardin s'est voulu mesler d'imiter Tite Live en ses harangues militaires. Entre autres, il en faict une par trop prolixe que fit M. de Nemours prest a donner la battaille de Ravenne, qui certes est des plus dignes pour animer ses soldats, comme ils furent ; mais il est à présumer qu'il abrégea bien autrement son dire; car là il estoit question promptement de venir aux mains aussytost qu'ils eurent passé le canal. Paulo Jovio s'est aussy ainsy fort amusé à descrire plusieurs longues harangues. Enfin plusieurs, ou la pluspart des historiographes, en ont faict de mesmes, desquels Belle-Forest a esté curieux d'en faire une recherche et un recueil bien gros, dont nous en voyons le
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livre'.Celuy qui afaist nostre tfii/oirt de France faict M. de Guyse et M. l'Admira! haranguant en la battaille de Dreux si prolixemeni, qu'il n'en est rien. Je vis parler M. de Guyse, mais peu et bon. Quant à M. l'Admirai, il n'eut guieres loysir d'haranguer si longuement, et mesmes en la dernière charge qui se fit. Or, a ce que j'ay ouy dire que M. le maresehal de Strozze disoit, c'a esté plustost la nr;md'vanité des historiographes qui les y a poussés el faict ainsy trouver, excogiter et mettre par escrit ces grandeset longues harangues; lesquels, plains de vent et gloire, vouloient illustrer leur histoire et la rendre plus belle par ces grandes superfluités de parolles. D'autres pauvres fats et sots pensoient que leur histoire seroit manque et haire*, si elle n'estoit décorée et allongée d'une grand'creue et suite de mots. Pour fin, en matière de combats il n'y a que les briefves harangues; ainsy que fit ce brave M. de Guyse le grand, le jour qu'il pensoit avoir l'assaut à Mets, que M. de Ronsard a mise en vers. Et ne fut si longue pourtant comme la faict H. de Ronsard, ainsy que je l'ay ouy dire à ceux qui t'ouyrent et y estoient; et si l'original valait mieux que fa copie. Et fut une chose très belle de la luy ouyr prononcer; car, oultre qu'il avoil la grâce belle si jamais capitaine I eut, il avoit l'éloquence militaire très grande, comme j'espère en dire quelques unes des siennes, par un chapitre que je veux faire
I. Branthâme parle ici des Harangua de François Bdlsforest, el plus bas, de ['Histoire de viisin de la Ptipelinïère.
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d'une centaine d'harangues militaires, très courtes, tant de nosire temps que d'autres.
Cependant je laisse ce discours; car, comme dict l'Espaignol, « j'ai d'autres vaches à garder, et d'autres brebis a tondre ' », et que je veux encor reprendre les parolles de ce grand duc d'Albe, par lesquelles il ne déguise point aux siens d avoir esté vaincu à Ravenne; mais pourtant il ravalle fort ceste victoire pour nous. Toutefois, quoy qu'il die, luy et autres Espaignols, elle fut grande et très signallée pour nous, sanglante pour eux, et puis nous rapporta du malheur par la perte de ce qu'avions conquis en Italie et à Milan. Les Espaignols ont cela de bon, qu'ils ne se confessent jamais vaincus ny battus, et ramènent tout à leur gloire ; ainsy que fit ce grand duc d'Albe dernier en Flandres, en une harangue qu'il adressa à son armée, et principalement à ses soldats espaignols, quelques jours avant qu'il pensoit donner la battaille au prince d'Orange, près la rivière de Meuse, qui avoit amené une si grand'armée contre luy pour le combattre; mais le tout s'en alla en fumée, par la providence et sage conduite de ce grand capitaine, qui le fit retirer avecçmes sa grand'honte en Allemaigne, de quoy j en parle ailleurs. Ce grand duc donc va rementevoir * à ses Espaignols de bout à autre tous les beaux exploicts qu'ils ont faicts depuis cent ans, et met tout en ligné de compte
is lengo que guardar, y otras ovejas que irai-
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et de gloire, aussy battus et vaincus que vainqueurs. Et cela m'a conté un soldat françois espaignolisé qui estoit lors parmy les bandes espaignolles, qui entendoit le tout. Ce grajîd duc donc premièrement parle des grandes guerres qu'ils ont faictes au royaume de Naples, soubs le grand capitaine Gonzalvo, Raymond de Cardone, de la bataille de Ravenne, bien qu'elle leur fust désastreuse.
Parle de ceste grand'conqueste des Indes, qu'il leur met devant les yeux, faicte par Hernando Cortès et Francisco Pizarre, qu'il nomme tous les deux par ces mots : « L'honneur de la milice espagnole 1 . » Raconte le beau combat qu'ils ont rendu en Italie soubs ce vaillant marquis de Pescaire et Anthoyne de Levé, et M. de Bourbon en la prise de Rome; les sièges de Naples et de Florence soubs Filibert* le prince d'Orange; le levement du siège de Vienne, et la chasse et fuite du sultan Solyman; la conqueste de la Collette, de Tunis et de Cleves ; les voyages de la Provence, d'Alger et de Landrecy, où il ne fit trop bien ses affaires ; la guerre cr Allemaigne, qui fut belle celle-là, où l'empereur acquist grande gloire; les guerres de Piedmont, de Parme et de Sienne. (Il ne gaigna rien aux deux premières, tesmoings la battaille de Cerizolles et la conqueste du Piedmont, comme j'en parle ailleurs. Sienne fut gaignée, mais