‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 35 sur 77 · Que era juslo enemigo y piadozo vencedor · texte numérisé non relu

Que era juslo enemigo y piadozo vencedor

1 66 Rodomontades espaignoli.es.

Il ne leur fit pas de mesmes que firent les Espagnols à nos François et lansquenets qui restèrent devant Pampelune (le siège levé par M. d'Angoulesme, le roy Jehan de Navarre et M. de La Palisse), qui leur faisoient jurer et promettre, « s'ils guérissaient, de ne plus recevoir de solde du roy de France, puisqu'il se montrait contraire à l'Eglise. A ceux qui croyaient et promettaient cela, ils leur donnaient le Corpus Dom'm et les autres sacremens de la sainte mère Eglise, et s'ils mouraient la sépulture ecclésiastique. Ceux qui étaient interrogés par leurs confesseurs, et qui ne voulaient point se réconcilier, ils les laissaient là mourir; et s'ils mouraient, il les enterraient comme Maures; car telle était l'ordre de la bulle du pape Jules 1 . » Quelle bulle d'or! Les Espagnols se vantent de tout cela; mais, à ce que j'ay ouy dire à aucuns vieux gentilshommes, et françois et lansquenets, confès et non confès, ils ne furent espargnés non plus les uns que les autres; et leur bailloient dronos', aussi bien que frère Jehan des Entommures dans Rabelais le donna à ceux qui vandangeoient le clos de sa vigne.

i . Si sanasen, de no recibir mas sueldo del rey de Francis, i ■>■:■ m r.rrjb.i. A loso.ueeslo rreyan y proôtetian, dtban à Oorpiu Ù mini v s '.tiu:; satr.imentos de U madré santa Iglesia, y, si murian, ecleïiàslica sepultura. Loi que eran ïnlerrogados por sus confejore». que no qjeri.ui recunciliarse, los dexaban alla morïr ; y, si morian, como Morœ los enterrabau; porque ta! era la intention V la bi.ila del papa Julio.

Li. En langue d'oc, ironos ou ironas veut encore dire iujourd'hui coup de bilan, coup de pains.

Rodomontades espaignoll.es,

M. de Guyse n'en fit pas de raesmes, bien qu'il y eust force lansquenets et autres Allemans sentans mal de la foy, il les fit secourir comme les bons chrétiens et catholiques, mais non pas de si bonne affection, s'en remettant à la volonté de Dieu, et ne voulant acquérir la réputation d'un homme cruel et barbare, puisque l'homme est falot à la semblance et image de Dieu. Je m'en remets à un grand théologien ce qu'il en diroit là.

Sur ceste dernière guerre de Grenade faicte et parfaicte par don Juan d'Austrie, par cas, en courant la poste, nous nous trouvasmes de rencontre un capitaine espaignol et moy, iuy qui venoit d'Espaigne allant en Flandres, et moy de la cour en ma maison. Nous nous mismes luy et moy à deviser fort de ceste guerre. A mon advis qu'il m'en conta prou, et surtout il me va louer don Juan jusques au tiers ciel en me le nommant de plein abord « la sépulture des payens, et que ses actions et vaillances vouloient plutôt Être vues que racontées pour Être crues ' o .

Quand la capitulation d'Amiens se fit dernièrement, il y eut un des députés de dedans, espaignol, qui, ayant trouvé Sa Majesté en quelques masures qui les attendoit pour composer, dit en entrant, pensant faire de l'officieux et du curieux de la vie du roy : « Le roy n'est pas ici bien à couvert des canonnades', s Le roy qui l'ouyt luy respondit :

i . Sepulmra de los paganos ; y que sus obras y valcnrias is queiian scr vi^a; para Kr creidas que contadas. "' :y no esla aqui bien seguro de los a'

car, utres

;s fit

1 68 Rodomontades espaignolles.

u Le roy est ici plus en seureté que vous autres n'estes dans Amiens. » Puis ayant commencé leur pourparler, la première chose qu'ils demandèrent, u parce qu'il est raisonnable, dirent-ils, que les choses célestes soient traitées les premières ' » , fut que l'on ne touchast point à la sépulture de don Hernandille, et qu'elle ne fust point rompue ny démolie. Le roy leur respondit gentiment : « il est raison que la sépulture de don Hernandille 1 soit demollie et rompue, puisqu'il a fait rompre et demollir les murailles de ma ville d'Amiens, s Ils demandèrent après « le sac de la ville* », demande certes très irraisonnable et très impudente, et mesmes à un tel roy, qui leur respondit bravement : « Et comment! une chose que vous avez desjà pillée il y a longtemps, la demandez-vous? » Ils jurèrent aussy tost qu'ils n'y avoient jamais touché. A quoy le roy aussy tost répliqua bravement : « Puis donc qu'elle n'a esté pillée en mon absence, à vostre advis, si je permettrai qu'elle le soit en ma présence? » J'ai mis ces trois articles non pour belles rencontres de l'Espaignol, ny pour grandes rodomontades, si non la dernière pour demander le sac, mais pour les gentilles responses de nostre roy, qui est fort subtil en beaux dires et gentilles responses et fort courtes, s'il en fut onc. J'espère en dire

i. porcine (dirent-ils) es raion que lai cosas vajan primero.

Z, Fernanddlo Porlo-Carrero, gouverneur dV 3 septembre i f 97.

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