Pues que era su hermano
). Porque todos soraos de un misino padre, Adan )- Ev».
.. Vna blanca, c'est-à-dire u
s hermanos te d
ET JUREMENS ESPAIGNOLS
quel estoit laid et noir comme un beau diable, s approchant de luy, il luy dit : <t Retire-toi d'ici, Satan, ne lente point ma maîtresse 1 , b
Un autre amoureux, contemplant en un tableau les mystères de la passion de Nostre Seigneur, ainsy que les peintres nous les représentent, il dit : * Ce serait une bien grande faute que de comparer d'autres souffrances à celles -cy; mais néanmoins les miennes sont bien grandes'. »
Ceste comparaison sourde, en quelque façon que ce soit, ne se doit faire. Telle ou. pire en fit un cordellier une fois, dont j'en vais faire le conte.
Ce cordellier estoit un des prescheurs et confesseurs de la reyne Anne de Bretaigne. Je ne sçay si c'est point frère Jehan Bourgeois, fort renommé de ce temps-là, ou autre. Pour lors iadicte reyne avoit une de ses filles qui s'appelloit Bourdeille, sœur propre et aynée de féu mon père, et pour ce ma tante, fïllole du roy Louys XII, dont elle portoit le nom de Louyse de Bourdeille. Il l'avait faicte venir à !a cour dès l'aage de six ans, et la faisoit quasi ordinairement manger au bas de sa table, estant petite garce, parce qu'elle avoit le bec affilé et disoit d'or, et causoit plaisamment, et luy bailloit ainsy du plaisir. Mais quand elle vint sur l'aage de unie à douze ans, la reyne la fit tirer de là et manger à l'ordinaire avecque's ses compaignons.
a gran desvaric ;
Discours sur les sermens
Or, venant sur i'aage de quatorze à quinze ans, elle estoit si belle qu'on l'appeloit YAngt de la cour, dont plusieurs gentilshommes en furent serviteurs et amoureux, jusques à ce M. le cordellier (car soubs la ceinture de saint François l'amour y voile aussy bien qu'ailleurs), qui en l'exhortant fust, ou en la chambre de la reyne (car lors les cordelliers entroient partout, tant on se fïoit en eux), ou en confession, de l'amour de Dieu et de la charité, il en faisoit tomber 1 tousjours quelques mots sur son amour. Si bien que ma lante l'en ayant renvoyé bien loing par deux ou trois fois (et luy ne s'en désistant), le dit à la gouvernante, qui en fit le rapport à la reyne, qui n'en fit autre semblant, sinon la tancer, et luy dire que c'estoit une mauvaise garce, et que ce cordellier estoit un très sainct et homme de bien.
Cela dura quelque temps jusqu'à un jour de vendredi sainct, que luy venant à prescher la Passion dans la grande salle de Bloys, devant la reyne Anne, ses tilles et sa cour, il se mit de plein abord, par son premier thème, à commencer ainsy son sermon, et par ces propres mots : « Pour vous, belle nature humaine, c'est aujourd'huy pour qui j'endure, dit ainsy nostre Seigneur Jésus-Christ à un tel jour d'anuict', pour sa Passion. » Puis, s'estant plus avant enfoncé en propos, il va si
;. C'est-à-dire : soit dans la chambre de la Reins, soit en confession, le Cordetier prenait toujours pour sujet d exhortations l'amour de Dieu et la charité.
l. A un jour tel que celui d'aujourd'hui.
JUREMENS ESPAIGNOLS
dextrement et subtilement contourner et convertir tout son texte et passage de la Passion en celle qui l'afflîgeoit pour l'amour de ceste belle nature humaine qui estoit au devant de sa chiese avecques ses compaignes et autres dûmes, sur laquelle jettoit tousjours quasi ses yeux, contrefaisant du triste, du marmiteux, et du passionné des tourmens de Nostre Seigneur, que pourtant il convertissoit tousiours sur les sitns.
Bien peu de personnes s'adviserent de cela, si non la reyne un peu, qui, ne se fiant en son jugement, après le sermon failly, elle fit venir le galland parler à elle, en la présence de deux de ses docteurs qui avoieni esté au sermon. Auxquels la reyne ayant conféré son soupçon et son doubte, s'en allèrent aussy doubler et appercevoir, et lui repeter la plus grande part des passages, tant vrais que feints, îant bons que mauvais, qu'avoit allégué le galland. Trouvèrent qu'il y avoit de la meschanceté. Et pour ce 1 , estant appelle devant la reyne et les docteurs, et estant convaincu d'un tel crime (non sans se deffendre pourtant bravement), on dit que la reyne le fit fouetter en sa cuisine. Mais' point, car elle n'aymoit point le scandale; ains le renvoya à son provincial, avecques belles recommandations qu'il s'en souvint toute la vie. Et par ainsi, ma tante 3 , bien ayse d'esire délivrée d'un tel fascheux importun, et de n'estre plus taxée de la
i. Le prêcheur.