Auquel ils spécifièrent
j, Avaient pour habitude de.
ii2 Discours su
min, et n'estoit en bon estât 1 que doit est re un vray et bon chrestien et catholique; et par ainsy ce malin esprit, estant par eux chassé du corps de ce pauvre homme, pourrait entrer dans le sien, le trouvant tout immonde et honny.
A quoy M. de Orignaux respondit promptement : a Le prenez-vous là"? j'y ay trouvé un bon remède; car je me jetteray tout chaussé et tout vestu dans ie grand benistier, et m'y plongeray jusqu'à la gorge. Mais, avant, je prendray de l'eau beniste ma pleine bouche; et, lorsque vous aurez faict vos oraisons, imprécations et brinborions, et que je pourray au plus près cognoistre que ce diable voudra sortir, je commenceray à jetter par ma bouche, et rejaillir peu à peu mon eau beniste, et l'entretiendray tousjours ainsy jusqu'à ce que le diable aura sorty par la vitre, ou rentré dans le corps de quelqu'un de vous autres, qui n'estes pas plus nets, ny ne valiez pas plus que moy, et estes pires que le diable. Car, pasques-dieu ! (tel estoit son serment), vous estes, et votre maistre, tous traystres, qui ne faictes que trahir et tromper le roy mon maistre 3 o (ce qui arriva puis après).
Voylà donc comment M. de Grignaux, voulant mettre ordre aux trous d '
). Ce devait être vers l'an [(il, lorsque Jules 11, battu à Casalctthïo, entra dans la ligue île l'Espagne et de Venu contre la France.
ET JUREMENS ESPAIGNOLS
par là oîi il presumoit que le diable deust passer, fit approuver à l'assemblée que le remède estoit très-bon, et qu'il verroit tout le mystère sans danger et fortune 1 .
Je tiens ce conte d'un vieux gentilhomme mon voisin, qui disoit le tenir de feu M. de Bourdeille mon père, qu' estoit parent et bon amy de M. de Grignaux, et aussi bon compaignon que luy. Lesquels tous deux, et en France, et au dehors aux guerres d'Italie, en avoient faict de bonnes en leur temps, bien que mon père fust plus jeune. Car il estoit page de la reyne Anne, allant tousjours sur son premier mulet de devant sa litière, qui estoit un grand honneur de ce temps, que M. de Grignaux estoit desjà chevallier d'honneur de ladicte reyne, laquelle (sortant hors de page) le luy donna' pour le mener aux guerres de Naples.
Je sçay plusieurs bons contes de tous deux,
3ui sont subelins, et qui lèvent la paille', ont j'en conte aucuns en mes autres livres.
Or bien que ce conte soit joyeux et ridicule, il faut tousjours confesser et advouer que l'eau beniste a de très-grandes vertus et propriétés soit contre ces esprits malins, soit pour les foudres, tempestes, orages et tonnerres, pour le feu et embrasement, bref pour une infinité