‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 2)Chapitre 67 sur 77 · I NOUE · texte numérisé non relu

I NOUE

prieres de M. de Lorraine et de M. de Guyse, auxquels il portoit grande amitié et faveur, et les vouloit gratifier en tout ce. qu'il pouvoit pour s'en servir en plus grand besoing, comme il a faict despuis de M. de Guyse, malaysement fust-il jamais sorty. Jusques-là que l'on a tenu long-temps, et en Espaigne, et en France, et en Flandres, qu'il ne se pouvoit trouver aucun eschange pour faire avec M. de La Noue sur sa délivrance, quelque grand seigneur espaignol, flamand, italien, fust ', fors le prince de Parme, s'il venoit à estre pris.

Voilà donc comment sa délivrance estoit du tout désespérée sans M. de Lorraine, ainsi qu'il 1 ne se put engarder de le dire par ces mots en sadicte déclaration : « Je sçay bien, dit-il, que je suis accusé d'estre ingrat envers mon bienfaicteur, à cause que je porte les armes contre lui; mais c'est en deffense 1 que je ne puis abandonner, sans estre convaincu de plus grande ingratitude envers mon pays et mon roy. n Voilà donc comment il appelle M. de Lorraine son bienfaicteur, et confesse une petite ingratitude, craignant une plus grande.

Quant aux cent mille escus qu'il allègue estre la troisième cause de sa délivrance, ce sont abus, car ils sont autant en la bourse du

1. Quelque grand seigneur que ce pût être, à moins que ce n'eût Été le prince de Parme.

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