‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 120 sur 179 · Le connétable de Montmorency · texte numérisé non relu

Le connétable de Montmorency

222 D'aucunes retraictes de guerre.

puissant que luy, s' estant campé * devant sa Darbe à Troye dans la Fouille pour lui empescher le chemin de Naples, et M. de Lautreq ne l'ayant voulu combattre ny recevoir à la bataille, encor qu'il eust très -grande apparence de la victoire, et eust respondu : « Je ne puis donner la battaille, sans y perdre beaucoup de gens de bien, mais je les aurai la corde au col ; » (d'autant qu'il attendoit Horace Baglion, qui amenoit les vieilles bandes noires de Jehan de Medicis, qui estoient le principal, voire tout le nerf de son armée*), ce qu'ayant sceu, Philibert, la nuict d'entre un vendfredy et samedy fit mettre toutes les campanes' des mulets dans les coffres, et sans sonner trompettes ny tambours deslogea, prenant le chemin des bois droict vers Naples. Et laissa M. de Lautreq planté et campé avec sa bravade et jactance gasconne et son altier rudoyement, qui portoient grands dommages certes à ses grandes vertus en jurant son obé^, car c'estoit son serment ordinaire. Il envoya, après, quelque gendarmerie et cavallerie; et donnèrent sur la queue, et en deffirent quelques-uns. Mais bien peu, pour ce coup, il fit la leçon à ce grand capitaine '. Encor dict-on

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