‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 121 sur 179 · Le prince d'Orange s'était campé à sa barbe à Troja · texte numérisé non relu

Le prince d'Orange s'était campé à sa barbe à Troja

2. Phrase embrouillée où se contredit l'auteur. Si le contingent de Baglione attendu était tout le nerf du corps de Lautrec^ celui-ci n'était pas deux fois plus fort.

}. Clochettes.

4. En langue d'oc, obé ou ho-ben est une exclamation marquant l'indifférence, l'insouciance, non un jurement.

5. Mais il n'eut que cette occasion de remporter un bien petit succès sur ce grand capitaine.

d'aucunes RETRAICTES DE GUERRE. 22}

que, sans qu'il s'apperceut d'une apparence de mutinerie parmy les Espaignols, lansquenets, demandans leurs payes, ainsy qu'ils firent en arrivant à Naples, ledict prince eust pris une autre résolution, mais possible ne fust-elle esté si louable que ceste retraicte.

J'ay ouy dire à aucuns anciens que, lorsqu'il fallut à l'admirai Bonnivet abandonner du tout Testât de Milan, y ayant esté très mal mené de messieurs de Bourbon et de Pescayre, et des soldats impériaux, à la retraicte qu'il luy fallut faire à Romagnano, que firent messieurs de Bayard et Vandenesse qui en avoient la charge, estant ledict admirai Bonnivet blessé, et se faisant porter en litière, s'ils n'y fussent esté tués, que la retraicte s'en alloit estre des plus signalées*. Dès qu'ils furent morts, un chascun perdit cœur, ayant perdu leurs principaux chefs et appuys, et s'en allèrent tous à la desbandade et en desordre; de sorte que les impériaux en eurent tel marché qu'ils voulurent. Et disent les Espaignols qu'ils leur prirent sept pièces d'artillerie, que les soldats menèrent dans Milan, bien ramées et couvertes de feuilles d'arbres, en signe de grand triomphe. Tant que messieurs de Bayard et Vandenesse demeurèrent en vie, tout alla bien, et se retiroient nos François tousjours en fuite de loup'; mais leur mort apporta tout deuil, tout malheur et toute confusion. On dit que M. l'admirai en ayant donné totale charge

1. si Bayard et Vandenesse n'eussent péri, la retraite allait être des plus belles.

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