I. Qui pensait
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rai, pour aller après avecques toute sacavallerie légère, et quelque harquebuserie espaignolle, pour les amuser en attendant le gros qu'il menoit, ne fut rien faict, sinon quelque petite escarmouche, où le seigneur d'Andouin, fort favorisé de M. le Dauphin, fut tué, et quelques autres, pour s'estre adventurés mal à propos, comme un jour je Touys conter à M. Tadmiral. Nonobstant, le roy se retira parmy les bois à Quyse, ayant faict ce qu'il avoit voulu fort heureusement, et n'ayant rien perdu. Et ce fut à l'empereur à se retirer en son camp, et puis à lever totalement le siège de Landrecy. Pour conclusion, le roy secourut sa ville à la barbe d'un grand empereur, et enfin se demesla de battaille, et se retira : ce qui ne fut peu de resputation pour luy, toutes choses bien pensées; et fust estimé, nonseulement des siens, mais des estrangers, qui affirmoient avoir esté la plus belle chose qu'il fit jamais.
En quoy faut noter une chose de ces deux grands princes, en laquelle ils trompèrent tous ceux de leur armée; car l'un et l'autre publioient parmy leurs gens qu'ils vouloient donner battaille. Le roy, pour dire tout haut* qu'il vouloit voir si l'empereur estant en personne, seroit aussy heureux en battaille comme il avoit esté par ses lieutenants à La Bicoque et à Pavye, et que c'estoit chose qu'il avoit le plus souhaicté de l'y voir, et de s attaquer de sa personne à la sienne, s'ils se
U Le Roi trompait son armée en affirmant bien haut.
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pouvoient rencontrer. De l'autre costé, l'empereur, au partir de Gueidres, avoit faict du Drave, et s'estoit vanté qu'il iroit jusqu'à Paris
Ï)our y voir ce qu'on y faisoit. Mais ny l'un ny 'autre ne firent ce qu'ils avoient dict. Voyez quelles ostentations de princes qui ne firent que donner dans le vent! Aussy faut-il bien souvent qu'en de telles choses ils bravent plus et fassent peu, tiennent mines bravasches et pleines de vanité. Car cela importe, ainsy que j'ay ouy dire à de grands capitaines, encor que la honte leur tombe sur le iront de n'avoir joint leur effet avec leurs paroUes. Mais ces princes et les grands sont subjects à boire plus de honte en telles choses que les petits. Et ne leur en chaut mais en quelle façon , ou en honneur, ou en deshonneur, ils parviennent à leurs fins'; et-qui gaigne est le plus honnoré.
J'ay ouy -dire à plusieurs que feu M. le connestabfe avoit projette son dessein de la retraicte de Sainct-Quentin du tout sur cest exemple du roy que je viens de dire, s'y voulant du tout conformer. Mais il ne la fit pas de nuict, ains de plein jour; qui fut sa perte, si l'on veut croire les grands capitaines, et mesmes M. de Montluc, qui en a très bien escrit dans son livre, où il tient la maxime que le capitaine qui se retire de nuict n'en est pas pour, cela subject à la honte, mais plus-
I . Et il ne leur importe pas plus d'arriver à leurs fins d'une façon honorable que d'une façon déshonorante. — Ces coups de patte contrastent avec les courtisaneries dont l'auteur est coutumier.