D'AUCUNES RETRAICTES DE GUERRE
tost son ennemy, qui, pensant le trouver le lendemain au matin, n'y trouve que la place vuide, et demeure avecques autant de nez*, et bien trompé. J'ay veu plusieurs en excuser M. le connestable, mettant un grand blasme sur le mareschal de camp qui estoit pour lors, que je ne nommeray point, pour n'avoir jette mille ou douze cens arquebusiers sur quelque passage, qui eussent donné à songer au comte d' Aiguemont, qui n'avoit que de la cavallerie, et mesmes ces pistoliers qui craignent Parquebuserie, que le roy avoit refusée par l'opinion de M. le connestable, qui les desdaigna fort. Mais ce furent eux qui ayderent beaucoup et servirent à nous battre. Si mondict sieur le connestable se fust gouverné comme le roy François, il eust acauis toute pareille louange, pour avoir envitaillé Sainct-Quentin bravement à la teste* d'une grande armée, et beaucoup plus foible que son ennemy.
La retraicte de M. de Montigan et de Boissy, à Brignolles, pour n'estre faicte à propos, ny à chaux ny à sable', comme l'on dit, les fît tomber entre les mains de Ferdinand de Gonzague, à leur honte et perte do leurs gens.
La route* de M. le mareschal Strozzy, l'un des grands capitaines de nostre temps, à Sienne, faisans la retraicte, advint pour en