‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 126 sur 179 · En face d'une grande armée · texte numérisé non relu

En face d'une grande armée

j . C'est-à-dire sans que leurs troupes fussent solidement reliées. j

4. Déroute. — D'autres éditions placent cet alinéa avant le précédent.

d'aucunes retraictes de guerre. 231

ne l'avoir faicte de nuict, ainsy que M. de Montluc luy avoit très-bien conseillé.

M. Fadmiral d'Annebaut, après avoir envitaillé Therouanne, avoit faict un très-beau coup, si les jeunes gens qu'il avoit ^menés avecques luy, des gallants de la cour, n'eussent voulu taster ce que sçavoit faire l'ennemy jusques dans leur camp, qui se mit en armes, les mit en route, et prit le chef M. d'Annebaut prisonnier, et autres.

Long-temps advant en estoit arrivé de mesmes du règne du roy Louys XII, en ceste mesme place, et pour mesme subject d'envitaillement, qui fut très-bien faict et au contentement et louange de tous. Mais au retour des matines, comme l'on dit", et à la retraicte, pensant estre invincibles et que l'ennemy ne les oseroit suivre veu la vaillance qu'ils avoient monstrée, et le desdaignant, se mirent à se retirer joyeusement, chantans, causans et ayant laissé leurs grands chevaux pour monter sur des haquenées et bestes d'amble pour aller mieux à leur ayse estant fatigués ae la course. Lors ils furent chargés de l'ennemy si àl'improviste et si furieusement, qu'ils furent contraints, non de se retirer, mais de fuyr à bon escient : dont le mot qu'on en dict * la journée des esperonSy d'autant que leurs espérons leur servirent plus que leurs lances, où furent pris M. de Longueville, dict M. de Dunois, M. de Bayard et d'autres grands capitaines, qui trestous oublièrent leurs leçons. M. de

Page 1