I . D*oii le surnom qu'on lui donna
2}2 D'aucunes retraictes de guerre.
Piennes, gouverneur de Picardie, en estoit chef.
Si faut-il que je fasse un conte, cependant qu'il m'en soubvient, pour descendre du majeur au mineur, qui est assez plaisant. Du temps de nos guerres eivilles que Poictiers fut assiégé par les princes huguenots et M. Padmiral *, il y eut un certain jeune gentilhomme de par le monde, que je ne nommeray point; car il m'appartient, et de fort grande maison. Il estoit en sa jeunesse fort coustumier de faire tousjours un peu du sot, et autant qu'homme qui fust en sa contrée et pays de Vaches'; mais pourtant avecques cela estoit très-vaillant. Il avoit eu la compaignie de son père, au moins la moitié, par résignation'. Pour envie qu'il eut de faire parler un peu de luy à son commancement de gendarme, il demanda à Monsieur, frère du roy, pour lors nostre gênerai, d'aller jusques au camp de l'ennemy pour le recognoistre et y faire quelque raflade. Monsieur, qui se doubtoit de quelque traict de son mestier, luy donna licence. Il y va de fort gaye humeur, et de faict donna bien rafle de quelques gens, fait quelques légères rapines, si bien pourtant et avecques tel esclandre, qu'il mit tout le camp huguenot en allarme, et en armes et à cheval. Il fut enfin poursuivi