‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 143 sur 179 · I . Remis bien en mémoire · texte numérisé non relu

I . Remis bien en mémoire

Discours sur M. de la Noue, 26}

deux frères. Si bien que le roy de Navarre, s'en estant aussy desparty de la cour quelques six mois après, Monsieur fut eslu chef général de la religion, comme luy appartenoit, puisqu'il en estoit des fermes, et veu sa grandeur. M. de La Noue l'assista tousjours si bien en ses guerres de Gascogne, que luy, qui estoit jeune prince, et peu pratique aux armes, mais pourtant vif et de gentil esprit et courageux, moitié de son instinct et moitié de ce qu'il voyoit faire à M. de La Noue, l'imitoit; et fit si Dien, que c'est aujourd'hui un des grands capitaines et roys et princes de la chrestienté. Le roy de Navarre, la paix venue, le fit surintendant de sa maison, qui estoit un très grand honneur pour luy; mais ayant esté appelle par le prince d'Orange et les Estats des Pays-Bas, sur le resonnement de son nom et de ses beaux faits, qui s'espandoient partout, fut esleu par eux leur mareschal-general de camp, et supplié de l'accepter, avec de beaux partis et appoinctemens qu'ils lui presentoient. Il quicta cette surintendance; et luy, qui n'estoit si bon œconome comme bon guerrier, changea le ménage avec la guerre, qui luy estoit plus propre, ainsy que le roy François I sceut très-bien remonstrer une fois à feu M. de La Pallice, dit mareschal de Chabanes.

Lequel », désirant (à son advenement à la couronne) recompenser M. de Boissy, qui avoit esté gouverneur de son enfance, et ne sçachant estât en son royaume plus propre pour

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