‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 144 sur 179 · I . Lequel François I*' désirant · texte numérisé non relu

I . Lequel François I*' désirant

264 Discours sur M. de la Noue.

luy que celuy de grand -raaistre, pria M. de La Pallice ae luy resigner Testât de grandmaistre qu'il avoit eu du roy Louis XII, et qu'il le feroit en eschange raareschal de France, estant bien plus de raison que luy, qui toute sa vie avoit manié les armes, eust un estât qui luy fust plus convenable à sa profession, à son mestier et exercice, qu'un autre où il n'avoit

t'amais esté bien ny advenant. Ainsy, par ces )elles raisons, l'eschange se fict. J'ay dit cecy ailleurs, mais c'est tout un.

M. de La Noue en fit de mesmes, lequel Quitta le bureau et la marmite*, et l'économie du roy de Navarre pour aller guerroyer en Flandres. M. de Strozze et moy le vismes partir de France; et, sans M. de Strozze, je m'estois desbauché et résolu d'aller avec luy; mais il me retint, et me pria de n'y aller point, (^ue maudicte soit l'heure que je le crus! car je serois maintenant mort avec gloire, ou je vivrois plus heureux que je ne suis. Ce n'est pas la première fois que mondict sieur de Strozze a retardé aucunes bonnes fortunes qui se sont présentées à moy; mais je l'aymois tant, qu'il disposoit de moy comme il vouloit.

Voylà donc M. de La Noue en Flandres, où il fut receu avec une très-grande joye, allégresse et admiration de tous les Estats , qui pour lors avoient une armée de cinquante mille combattans. Et vint bien à poinct d'avoir recouvert pour ce coup un si grand capitaine, d'autant que dom Juan d'Austrie leur donna

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