‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 145 sur 179 · I. Les comptes de Thôtel · texte numérisé non relu

I. Les comptes de Thôtel

Discours sur M. de la Noue. 265

pour un matin une camisade si chaude et si serrée, que, sans la bonne conduicte et l'assistance de M. de La Noue, et la vaillance de sept ou huit cens François qui se trouvèrent là, qui ne faisoient qu'arriver, toute leur armée estoit deffaicte, comme les Espaignols le sceurent très-bien dire '.

Je ne conteray point les beaux exploicts d'armes qu'il a faicts, les beaux combats, les belles rencontres, et sur-tout les prises de villes fortes et imprenables qu'il a emportées par surprises, par escalades, voire en plein jour, et mesme celle où il prit le comte d'Aiguemont; bien jeune alors en tout, ma]s depuis qui s'estoit bien faict, ainsy au'il le monstra dernièrement en la battailie a'Yvry, où il mourut à la teste de ses trouppes, aussy vaillamment aue jamais homme mourut en guerre. Et fit tien paroistre qu'il estoit fils de père, et que, s'il eust vescu autant que luy, se fust .renau esgal à luy, car il estoit vaillant. Et tout vaillant, avec le temps, et si nature luy donne le loysir de vivre, se fait grand capitaine, comme je le tiens des grands.

Enfin, comme Mars est toujours douteux autant que dieu qu'ayent jamais inventé les poètes, tourna la chance à M. de La Noue, et fut pris en une rencontre petite; petite l'appellé-je, car il n'avoit qu'une poignée de gens. Et de ceste rencontre et prise (de laquelle j'espère parler ailleurs) estoit chet le marquis de Richeoourg, autrement dict le marquis de

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