Des coups de revers* '). Le Roi publiait
270 Discours sur M. de la Noue.
duquel M. de Montpensier, indigné à toute outrance contre les huguenots pour leur religion, et pour luy avoir fait de frais quelques petites galanteries à la prise de la ville de Mirebeau, sollicitoit fort la mort. Mais, Monsieur, pour lors notre gênerai, luy sauva la vie, aussi bien là comme à la battaille de Montcontour, où il fut pris pour la seconde fois.
Du despuis, après le massacre de la Sainct- Barthelemy, le roy l'envoya quérir en Flandres, sortant du siège de Mons en Haynaut, le remit en sa grâce, le remit en ses biens, en ce qu'il aille* à La Rochelle et persuade aux habitans de rentrer en leur deue obeyssance : ce qu'il ne fit point, mais leur persuada le contraire. De plus, continuant ses mesconnoissances ■, il fut un des principaux ministres qui persuada à Monsieur, estant à La Rochelle (cela est bien vray), de s'esmouvoir et de s'en aller de la campaigne de M. son frère. Mais le coup fut rompu (j'en dirois bien les occasions) jusques à ce que les armes se prindrent au mardy-gras, que mondict Sieur, frère du roy, et le roy de Navarre, furent descouverts en leurs menées à la cour, et par ce espiés et tenus de près, tant par la providence du roy Charles que de la reyne. Et de tout en estoit cause M. de La Noue, pour en faire jouer le jeu, qui pourtant, nonobstant que ces deux
f;rancls princes fussent prisonniers, luy ne aissa à mouvoir et faire tousjours guerre, et