‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 154 sur 179 · La déroute · texte numérisé non relu

La déroute

278 Discours sur M. de la Noue.

plus certes par le desir qu'il avoit de faire desplaisir à M. de Lorraine (ainsi qu'il le monstra) aue pour curiosité du bien et de la personne de la fille. Car (^'obligation à M. de Bouillon n'en avoit-il aucune, si-non qu'ils estoient d'une mesme religion : car d'avoir sollicité pbur sa liberté, d'avoir respondu pour sa rançon, comme M. de Lorraine, rien

moins que cela. Davantage, il sçavoit bien que M. de Lorraine faisoit la guerre aux terres ae la fiUe, et tenoit Jamets assiégé. Ce n'estoit

donc que pour endommager M. de Lorraine, et luy faire la guerre de gayeté de cœur.

Encore, s'il y fust esté contraint, ou de force, ou de crainte, ou de parenté, ou d'obligation, ou autre chose, ou oien que de long-temps avant il eust esté chargé de ceste tutelle, certainement il avoit quelque occasion et raison de s'en acquitter et faire valoir, et s'ayder des raisons des jurisconsultes, qu'il allègue tant en sa déclaration, par lesquelles le tuteur est obligé et lié estroictement pour son pupil ou pupille. Mais, sur la plus chaude colle* qu'il venoit de recepvoir des bienfaicts de M. de Lorraine, il s'est allé charger de ceste charge, afin d'avoir meilleure couleur pour couvrir sa mecognoissance.

Il est bien vrai qu'il monstra, par apparence et quelques effects feincts, qu'il vouloit faire accord entre ces deux maisons de Lorraine et Bouillon, qui de longue-main s'en veulent à cause de leurs biens naturels de Bouillon,

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