I . Application
Discours sur M. de la Noue. 279
jadis aliénés si honorablement par leur brave ayeul Godefroy pour la guerre saincte. Mais soubs main il entretenoit tousjours le brazier, comme il parut : car luy estant recherché par M. de Lorraine du vray moyen pour à jamais rendre ces deux maisons amyes et unies, de faire le mariage entre M. de Vaudemont, troisiesme fils de M. de Lorraine, beau et gentil jeune prince, il en fit response telle qu'elle luy pleut, par un très maigre mot. Mais pourtant après il ne se peut engarder de dire qu'il seroit bien à desloysir d'accorder ce mariage, veu qu'ils estoient divers de religion, et que jamais il ne l'accorderoit à personne quelconque qu'il ne fust de la sienne. S'il fust esté accordé avec ce prince de Vaudemont pourtant, il eust fait un œuvre bon et pie, pour avoir mis en paix ces deux maisons. Voilà les raisons que M. de Lorraine allègue.
Quant à M. de Guyse, M. de La Noue confesse et advoue dans sa déclaration luy avoir pareille obligation qu'à M. de Lorraine. Il le peut bien dire, selon les effects qui s'en sont ensuivis. EV croyque c'a esté luy qui le premier en a ouvert le propos de sa délivrance, et le premier travaillé, et vais dire comment. Environ deux ans devant qu'il sortist, estoit allé un gentilhomme italien aux bains de Spa, leauel estoit à M. de Guyse, non pour besoing qu il eust d'y aller, mais pour y conduire une maistresse dont il estoit serviteur. Je ne puis pas bien me souvenir du nom, je l'ay oublié;