‹ Œuvres complètes de Pierre de Bourdeilles (volume 3)Chapitre 156 sur 179 · I. Et moi, Branthôme, je crois que · texte numérisé non relu

I. Et moi, Branthôme, je crois que

28o Discours sur M. de la Noue.

mais il estoit de haute taille et noiraud. Son chemin fut de passer par Limbourg où estoit M. de La Noue prisonnier. Il luy prit envie de sonder s'il pourroit entrer dans le chasteau ; et, ayant fait sçavoir au capitaine que c'estoit un gentilhomme qui estoit à M. de Guyse et Ferrarois, et qu'il demandoit à luy baiser les mains et voir le chasteau, si son plaisir tel estoit, le capitaine ayant entendu ses qualités le fit entrer aussy tost. Car s'il fust esté François ou à un autre qu'à M. de Guyse, la porte luy eust esté fermée. Estant donc entré, après avoir salué le capitaine et l'avoir entretenu, et veu à plaisir le chasteau et la forteresse qui est très-belle, que le duc Charles, dernier de Bourgogne, avoit faict bastir, il le mena voir M. de La Noue, lequel pour lors avoit esté eslargy, et ne tenoit si estroicte prison ny cruelle comme auparavant. Et, s'estant mis à l'arraisonner, M. de La Noue, sçachant qu'il estoit à M. de Guyse, le pria de luy dire qu'il eust pitié de luy et qu'il l'aydast à le tirer de ces ténèbres et misères, s'asseurant qu'il n'y avoit ny roy ny prince en la chrestienté qui le peust faire, si non luy, pour la belle opinion et estime qu'avoit le roy catholique* de luy, et la grande faveur et amitié qu'il luy portoit; que bien difficile seroit la chose s'il ne l'obtenoit de luy, car il le sçavoit bien; et que s'il luy plaisoit Sa Majesté supplier pour luy et sa liberté, qu'il l'obtiendroit facilement. Que si sa bonté estoit

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