I . Le roi d'Espagne
telle et si généreuse envers luy que de l'obliger de ceste délivrance, qu'à tout jamais il employerait sa vie, ses moyens pour luy faire service; et que quand il auroit parlé à luy, qu'il luy monstreroit au doigt et qu'il ouvriroit les moyens par lesquels il luy en pourroit faire beaucoup ^
Ce gentilhomme ne faillit, aussy tost tourné en France et à la cour (qui estoit alors à Sainct- Maur), rapporter toutes ces paroles à M. de Guyse, lesquelles mondict seigneur me fit cest honneur de me dire, à moy, dis-je, Branthome, qui escris cecy, d'autant qu'il m'aymoit, et me tenoit pour son serviteur assez privé.
Et me le dit de telle façon. Un jour qu'il entroit en la chambre de la reyne mère du roy, et ce gentilhomme aorès luy, l'huyssier de chambre de ladicte reyhe, nommé M. de Virard, autrement dict Gorge, qui avoit esté à madame de Nemours, me dit : <c Voilà un gentilhomme qui vient de voir M. de La Noue vostre grand amy, qui vous en dira des nouvelles, et ce qu'il a apporté de sa prison à NL de Guyse. »
Alors moy, voyant M. de Guyse à la ruelle du lict de la reyne, et fort à desloysir*, je vins à luy et dis : a Monsieur, vous avez sceu des nouvelles de M. de La Noue par un gentilhomme qui l'a vtuf — Ouy, mon fils (encore que je fusse bien esté son père; mais il m'appeloit ainsi quelquesfois), me respondit M. ae
1 . Et qu*'û révélerait les moyens par lesquels il pourrait ensuite Caire beaucoup pour M. de Guise.